Lors d’un rassemblement public organisé hier dans la wilaya de Sétif, le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), Monder Bouden, est revenu sur l’affaire de l’enregistrement audio attribué au responsable du parti à Constantine. Cet enregistrement, largement diffusé la semaine dernière, avait suscité une vive polémique en raison de références à la distribution des sièges et à l’organisation des listes « en échange de quelque chose », ce qui avait poussé le wali de Constantine à publier une mise au point pour se dégager de toute implication.
« Un enregistrement incomplet » et une manipulation présumée
Bouden a affirmé que « le militant et frère Issam Bahri, secrétaire du bureau de Wilaya de Constantine, est un véritable militant dont l’engagement est reconnu par les habitants de Constantine, plus encore que par les militants du RND ». Sans nier l’incident, il a indiqué que « dès les premiers instants de l’apparition de l’enregistrement audio suspect attribué au responsable local du parti, nous avons essayé de comprendre la situation », précisant que « l’enregistrement est incomplet et le résultat d’une manipulation évidente, malgré la présence de déclarations irresponsables ».
Il a rappelé que la loi encadre strictement les contributions politiques, ajoutant que « les candidats figurant sur les listes électorales peuvent légalement contribuer à l’effort financier de la campagne électorale, à hauteur de 250 millions de centimes maximum, comme le permet la loi ». Le secrétaire général a dénoncé l’« exploitation méprisable de cet enregistrement », soulignant que la législation criminalise tout enregistrement non autorisé.
Reconnaissant l’existence de propos déplacés, il a toutefois estimé que « le fait que l’enregistrement soit incomplet et qu’il y ait des tentatives de perturber le processus électoral ne peut être ignoré ». Il a également révélé que le cadre concerné avait demandé à être relevé de ses fonctions « après des années de service exemplaire et de dévouement », tout en précisant que la direction du parti n’avait « pas encore pris de décision définitive à ce sujet ».
Transparence, mise en garde et rappel des principes
Dans un ton proche de la remontrance, Bouden a averti : « Si nous tolérons de telles méthodes, nous encouragerons des pratiques méprisables, des tentatives de séduction et de manipulation qui ciblent la vie politique et le processus électoral. »
Se voulant transparent, il a déclaré : « Et nous voici aujourd’hui face à vous, en toute transparence, franchise et courage, vous présentant tout ce qui nous préoccupe, car nous sommes honnêtes et nous ne cachons rien à nos militants ni à l’opinion publique. »
Affichant son soutien au militant mis en cause, il a assuré : « Je n’abandonnerai pas facilement les cadres RND, car ils sont l’atout du parti et son pilier principal, et nous tenons à les préserver et à valoriser leurs efforts à moins qu’il ne soit définitivement prouvé qu’ils sont impliqués dans la violation des lois de la République. » Il a également averti que « tout secrétaire loyal dont l’implication dans des pratiques méprisables ou contraires à l’éthique sera définitivement prouvée ne restera pas une minute de plus au sein du parti », tout en refusant de se laisser entraîner dans « des complots ou des comportements méprisables visant à perturber et à saper la stabilité interne ».
L’enregistrement à l’origine de la polémique portait sur une conversation où il était fait mention du Wali de Constantine lors d’échanges relatifs aux préparatifs électoraux et à la répartition des sièges.
Cette affaire intervient dans un contexte où les autorités, suivant la ligne tracée par le président de la République Abdelmadjid Tebboune, affirment intensifier leurs efforts pour assainir la vie politique et séparer strictement l’argent sale des processus électoraux, à travers diverses lois et politiques publiques.
Par : S.A.B.










