Par : Adam S
Ville abimée, défoncée, sinon ruinée, si l’on se fie à ces qualificatifs qui ne cessent d’être balancés à longueur de temps pour qualifier une situation qui soulève la colère et l’indignation des citoyens, El Milia continue de subir un sort si cruel que l’anarchie dans laquelle elle s’est retrouvée s’est érigée en ordre établi. Cet ordre n’est autre que ce chaos qui s’organise chaque jour au vu et au su des responsables locaux, donnant l’impression d’avoir baissé les bras devant les débordements constatés. Les scènes de ce chaos sont visibles au centre-ville, mais surtout à la rue du 20 août, devenue une véritable plaie béante en plein cœur de la ville. La circulation anarchique sur des routes encombrées et dans un état catastrophique en rajoute à ces scènes de cafouillage d’un autre âge, sans qu’on daigne intervenir pour remettre un peu d’ordre. Si, à l’APC on rassure que dès la fin des travaux en cours, des interventions sont prévues pour réhabiliter tout le réseau routier, aucune solution n’est cependant envisagée pour en finir avec ce chaos. Pis encore, on semble s’accommoder avec cet état de fait imposé par des marchands illégaux squattant depuis de longues années cette rue où tous les débordements sont permis. C’est dans cette rue que la circulation automobile est bloquée, sinon régulée par le bon vouloir de ces marchands, obstruant la voie publique et les trottoirs sans qu’ils ne soient rappelés à l’ordre. Pourtant, pas si loin de là, des agents de l’ordre public n’hésitent pas à intervenir à la moindre infraction des automobilistes. Sauf qu’à la rue du 20 août, on laisse faire et on ferme les yeux sur les agissements de ces commerçants qui l’ont investie en l’absence de toute autorité. C’est dans cette rue que toutes les violations du code de la route sont admises. De même pour les règles d’hygiène et de sécurité qui sont battues en brèche. À telle enseigne qu’aucune ambulance ne peut emprunter cette voie en cas d’un accident ou d’un sinistre. Ce chao est le maître mot d’une situation tolérée devant tant de laxisme. Une telle confusion ne peut d’ailleurs que refléter un flagrant manque d’autorité et un laisser-faire dans une ville tragiquement livrée à ce désordre. Encore faudrait-il indiquer que l’intervention pour assainir cette voie n’est point une préoccupation locale, eu égard à l’absence de toute volonté d’agir. Autant dire que le retour à l’ordre n’est pas pour demain face à ce chaos qui s’installe dans la durée. Devant cette fatalité, les riverains n’ont plus qu’à s’accommoder au contexte de cette anarchie, qui s’érige en mode de gouvernance à l’échelle locale. Leur ras-le-bol est tel qu’ils n’arrivent pas à faire entendre leurs voix pour dénoncer ce tohu-bohu qui les agace au quotidien. Interpellé récemment sur la situation dans cette voie publique, échappant à tout ordre et autorité, le P/APC s’est montré évasif, évoquant plutôt l’état des marchés couverts à réhabiliter. Toutefois, le nouveau wali, Ahmed Meguellati, aura certainement du pain sur la planche quand il aura à se pencher sur les multiples problèmes dont souffre cette agglomération, plus que jamais confrontée à cette situation si cruelle et si dure à supporter par les citoyens. Son prédécesseur, Abdelkader Kelkel, en connaît un bout, lorsqu’il a tenté de remuer la gestion locale par la tenue d’un conseil de l’exécutif de wilaya au siège même de l’instance communale de cette ville. Mais peine perdue, puisqu’il est parti comme il l’a retrouvé, à savoir une ville livrée à sa dégradation continue.








