En l’absence de toute autorisation, 60 logements émergent sur une parcelle classée «zone rouge» hydrique, au cœur de la cité 5 Juillet (Coopérative Mendjel Amel), au mépris des risques d’inondation et des procédures légales.
Dans un communiqué solennel diffusé ce samedi, l’Union des associations de quartiers de la wilaya d’Annaba met en lumière une situation jugée «explosive» aux abords de la Coopérative Mendjel Amel, dans la cité 5 Juillet. Un promoteur immobilier poursuit la construction de 60 logements sur une parcelle classée en «zone rouge» hydrologique, sans le moindre permis de construction.
Selon les habitants et l’Union des associations de quartiers, la parcelle concernée, traversée par un oued séculaire, fait l’objet d’un détournement du cours d’eau pour servir de couloir d’accès au chantier. Le mur de soutènement, érigé le long du lit mineur, apparaît inachevé et percé, laissant filtrer, dès les premières pluies, un flot tumultueux de boue et d’eaux stagnantes qui envahissent rues et habitations périphériques. «Chaque hiver, nous assistons impuissants à la submersion de nos chaussées et à l’envasement progressif de nos jardins…», rapportent les riverains, qui décrivent des inondations récurrentes et de plus en plus violentes.
Les riverains expliquent avoir déposé une plainte auprès de la direction des Ressources en eau le 16 septembre 2023, transmise officiellement par accusé de réception le 2 octobre 2023. Cette démarche a été réitérée auprès du chef de daïra et de l’ancien wali, sans qu’aucune décision d’interruption des travaux ne soit prise à ce jour. «Nous sommes face à un vide juridique criant : la parcelle est inconstructible, la licence de construire est introuvable, et pourtant le promoteur poursuit son ouvrage en toute impunité», dénonce l’Union des quartiers.
Au-delà des risques immédiats pour la sécurité des habitants, les associations pointent l’absence totale de signalétique réglementaire sur le site : ni panneau d’affichage de permis, ni indication des responsables du projet. Deux années durant, des tuyaux en béton ont été laissés à l’abandon, transformant le paysage urbain en décharge provisoire et alimentant un sentiment d’opacité et de désengagement des services publics.
L’Union des quartiers appelle, aujourd’hui, le wali d’Annaba à user de ses prérogatives pour faire cesser ce chantier illégal, rétablir le cours naturel de l’oued et engager toute procédure administrative et judiciaire à l’encontre des parties responsables. Elle insiste sur l’urgence de ces mesures avant la prochaine saison des pluies, qui pourrait définitivement emporter routes, canalisations et, à terme, mettre en péril l’intégrité des constructions avoisinantes.
Par : Mahdi AMA












