Par : M. Rahmani
La pomme de terre, plat du pauvre, a pris des ailes ces derniers temps et trône sur les étals à 100 DA le kg. Ce tubercule qui ne dépassait pas, il n’y a pas si longtemps les 60 DA, est devenu inabordable pour les petites bourses qui doivent désormais jouer sur le poids pour en acheter ; on prend 1 kg au lieu de 2, car la flambée est venue sur tout et les familles aux revenus modestes ne peuvent plus y faire face.
La dame pomme de terre nargue donc le pauvre citoyen pour qui ce légume est devenu un met de choix et il doit encore vider ses poches et se ruiner en dépenses d’alimentation que sa paie n’arrive plus à satisfaire. « La situation est devenue vraiment difficile et les temps sont durs, je n’arrive même plus à assurer l’alimentation de mes enfants », nous dit un retraité. Poursuivant, il ajoutera qu’avec la maigre pension qu’il touche, il tient à peine une quinzaine de jours et il doit emprunter auprès d’amis ou acheter à crédit auprès de l’épicier du coin. « C’est vraiment un enfer que je vis et cela ne peut plus continuer. » conclut-il.
La flambée des prix a atteint ces derniers temps un seuil intolérable car touchant tous les produits alimentaires, à titre d’exemple, nous citerons le prix des viandes blanches qui caracole à 400 dinars, voire 450 DA le kg parfois ; la tomate à 120 DA et la laitue qu’on payait entre 50 et 60 DA se fait désirer, elle est désormais cédée à…200 DA, ce qui est pour le moins impensable il y a quelques semaines.
D’habitude les petites bourses se rabattent sur les légumes secs pour pouvoir tenir, mais les prix pratiqués pour ces féculents sont plutôt dissuasifs voire prohibitifs. En effet, le kilogramme de pois chiche est cédé à 230 DA, un prix excessif pour ce légume sec qui était vendu 150 et 160 DA pour une qualité dite supérieure, le prix affiché pour les lentilles est de 280 DA. Le pauvre consommateur est ainsi pris en tenailles entre les légumes, les viandes blanches et les légumes secs, il ne sait plus où se réfugier avec ce portefeuille dont le contenu se réduit comme une peau de chagrin.
Les prix qui se sont envolés atteignant des seuils jusque-là inégalés ne baisseront pas de sitôt et ce, en l’absence d’un contrôle rigoureux et strict des circuits de distribution. En remontant la filière, on pourra facilement identifier le maillon responsable de cette flambée et réagir pour rétablir la situation.
Les explications colportées çà et là pour justifier ces augmentations intempestives, telles que les prix des aliments du bétail, des intrants agricoles, des plants, les prix des transports par bateaux qui auraient eux aussi augmenté, ne sont pas plausibles car les prix pratiqués sont bien au-delà de ces augmentations. Les pouvoirs publics doivent intervenir en urgence pour réguler le marché autrement la situation deviendra intenable pour des millions de citoyens.








