Dès le premier janvier, la wilaya d’Annaba a été paralysée par la grève des transports. Des bus desservant les lignes urbaines et interurbaines, ainsi que les camions de transport de marchandises, ont cessé leurs activités, provoquant des files aux stations d’essence et des perturbations massives des déplacements quotidiens. Les quais étaient vides. Les trajets entre quartiers ont été retardés, et nombre d’usagers ont dû improviser des solutions de substitution.
Les conducteurs évoquent deux motifs clairs. D’une part une augmentation du prix des carburants, effectuée, selon plusieurs chauffeurs, sans préavis effectif. Plusieurs stations ont appliqué les nouveaux tarifs au matin sans information préalable ; une modification que des employés de stations attribuent à une notification reçue tard dans la nuit de mercredi à jeudi.
D’autre part, le projet de loi sur la circulation routière, adopté par l’Assemblée nationale le 24 décembre dernier, cristallise un profond ressentiment. Les professionnels estiment que le texte transfère sur le conducteur une responsabilité pénale excessive et instaure des sanctions disproportionnées, sans mesures d’accompagnement adaptées aux conditions du métier.
Sur terrain, l’arrêt des services a touché des lignes desservant la nouvelle ville Ben Mostefa Benaouda, El Kalitoussa, El Bouni, Berrahal, Oued El Aneb, Ain el Barda, ainsi que les trajets reliant le centre-ville avec les quartiers périphériques, tels qu’Oued Forcha, Sidi Achour, Les Allemands, Oued Kouba. Pour les habitants, l’impact a été immédiat. Les travailleurs, en retard, ont parfois dû renoncer. Les petits commerces ont vu chuter leurs revenus quotidiens, et les rendez-vous médicaux ou administratifs ont été reportés.
Les professionnels du transport demandent l’ouverture d’un dialogue avec le ministère des Transports. Ils réclament des clarifications sur les modalités d’application du texte, des garanties contre une mise en œuvre punitive et la mise en place de mesures pédagogiques et organisationnelles. Les syndicats et groupes informels appellent à une médiation pour éviter l’enlisement du conflit.
Le contenu du nouveau texte, expliquant en partie l’angoisse, est simple à énoncer. Le projet de loi prévoit des peines pouvant atteindre 20 ans d’emprisonnement dans les cas les plus graves. Il établit un barème d’amendes graduées allant de 4.000 à 13.000 DA selon la gravité des infractions, avec possibilité d’aggravation pour les manquements lourds.
Hier, sur instruction du ministre Saïd Sayoud, le secrétaire général du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports a présidé une réunion consultative en présence du chef de cabinet, du directeur général de la mobilité et de la logistique et des représentants de l’Organisation nationale des transporteurs algériens, de l’Union nationale des transporteurs, de l’Union générale des commerçants et artisans, de l’Union générale des travailleurs et du syndicat national des transporteurs de taxis.
Le ministère a précisé que le projet de loi relatif au code de la route reste en cours d’examen et que le dossier de la tarification sera étudié en tenant compte du caractère social du service public, le dialogue étant maintenu pour définir des suites concrètes et des mesures d’accompagnement.
Par : Mahdi AMA








