L’Algérie ambitionne de se positionner comme un acteur majeur du calcul haute performance à l’échelle mondiale. Dans un rapport prospectif publié le mois écoulé, la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC) met en avant une stratégie fondée sur le développement de fermes de GPU alimentées par des énergies renouvelables. Intitulé « Les fermes de GPU en Algérie : l’énergie verte au service de la révolution numérique », le document souligne une opportunité stratégique portée par l’essor fulgurant de l’IA et des technologies de rendu avancé.
L’Algérie dispose, selon les auteurs du rapport, d’atouts structurels majeurs, notamment un foncier abondant et un coût de l’énergie particulièrement compétitif. Avec près de 86 % de son territoire constitué de zones désertiques, l’Algérie offre, selon le rapport, des espaces propices à l’installation d’infrastructures énergivores comme les centres de calcul.
Le potentiel solaire y est parmi les plus élevés au monde, tandis que certaines régions du Sud bénéficient de conditions éoliennes favorables, permettant d’envisager un modèle énergétique hybride garantissant une alimentation continue et durable. Le rapport met, en outre, en avant un avantage décisif : le prix de l’électricité industrielle, nettement inférieur à la moyenne mondiale.
Cette compétitivité, renforcée par un réseau énergétique robuste, constitue un levier d’attractivité pour les investisseurs internationaux en quête de solutions à faible coût et à faible empreinte carbone. Sur le plan des infrastructures numériques, l’Algérie bénéficie d’une connectivité renforcée avec l’Europe grâce à plusieurs câbles sous-marins à haute capacité. Cette proximité technologique permet d’envisager l’hébergement de services numériques à faible latence, notamment dans les domaines du cloud, du gaming et de l’intelligence artificielle en temps réel.
Mutation technologique
Car, contrairement aux idées reçues, les contraintes climatiques ne constituent pas un frein majeur. Le climat sec du Sahara favoriserait, d’après le même rapport, des solutions de refroidissement innovantes et économes en énergie, tandis que certaines régions offrent des conditions naturelles propices à l’optimisation thermique des installations. Par ailleurs, les réformes engagées ces dernières années viennent consolider l’attractivité du pays. La levée de la règle 49/51 dans les secteurs technologiques, la simplification des procédures administratives et la mise en place d’incitations fiscales significatives témoignent d’une volonté d’ouverture aux investissements étrangers.
Par : Akram Ouadah










