Le livre de Seham Boutata, « La mélancolie du maknine », vient de paraître en italien sous le titre « La malinconia del maknine ».
Cette nouvelle édition permet au récit consacré au chardonneret algérien de franchir une nouvelle fois la Méditerranée, en portant auprès du lectorat italien une histoire où se mêlent attachement à l’Algérie, exil, souvenirs et fascination pour le chant d’un oiseau devenu un véritable symbole.
La traduction a été assurée par Luciana Ingrosso, qui évoque avec émotion sa découverte de l’univers du livre et de la place singulière occupée par le maknine dans la société algérienne. « À mon arrivée en Algérie, je voyais souvent dans la rue des hommes avec une cage. Cela me faisait sourire. Lorsque je suis rentrée dans le livre, j’ai vite compris. Ici, le “maknine” est sacré. », nous confie-t-elle. Pour la traductrice, l’ouvrage constitue aussi une manière de découvrir une Algérie à travers ses pratiques, ses souvenirs et ses sensibilités. « Ce livre est très beau, il parle de ce symbole mais aussi de l’Algérie, son passé, son présent. J’ai appris beaucoup de choses. »
Dans cet ouvrage publié aux éditions du Seuil, Seham Boutata s’intéresse à la place singulière occupée par le chardonneret dans l’imaginaire algérien. Son enquête la conduit à suivre les passionnés de cet oiseau en Algérie comme en France, où le maknine accompagne les souvenirs de ceux qui ont quitté leur pays. Son chant devient alors bien plus qu’un plaisir musical : il réveille une appartenance, fait ressurgir des images de l’enfance et maintient un lien sensible avec l’Algérie.
Mais l’oiseau dépasse rapidement sa dimension de simple objet de passion. À travers sa quête, l’autrice explore la nostalgie de l’Algérie, les souvenirs d’enfance, l’émigration et le désir de liberté. Le chant du chardonneret accompagne ainsi un récit où les cages deviennent une image de l’enfermement et où l’envol évoque, en contrepoint, l’espoir d’une vie libérée.
Cette parution italienne donne une nouvelle dimension au récit. En changeant de langue, le maknine ne perd ni son chant ni ce qu’il porte de nostalgie, de déracinement et de désir de liberté. Il devient aussi un trait d’union avec des lecteurs qui découvrent, à travers cet oiseau familier aux Algériens, une part intime de leur histoire et de leur rapport au pays.
Par : Aly D











