Deux fusils algériens d’une exceptionnelle valeur historique et patrimoniale datant du 18e siècle sont mis en vente à travers des plateformes de ventes aux enchères en France, relançant la question de la sauvegarde et de la récupération des biens culturels algériens entreposés à l’étranger.
Remontant à la période ottomane, ces deux fusils, des mousquets, de type «mokahla» prouvent aussi que les artisans armuriers algériens maîtrisaient l’art de la confection d’armes de prestige, a rapporté le site d’information «Tariq News». Elles sont somptueusement ornées de corail rouge, d’argent ciselé, de nacre et de cuivre gravé, un travail d’artisanat qui avait aussi un usage diplomatique et non uniquement militaire, a ajouté la même source.
La première pièce est en vente sur la plateforme française «Interenchères». D’une longueur de 1,75 m, elle dispose d’un mécanisme à silex et d’un canon en acier octogonal. Son fût de bois est quasiment entièrement recouvert d’un poinçonnage en corail rouge-orange incrusté dans des bandes d’argent finement gravées de motifs floraux. Selon la maison de vente, cet objet a d’abord appartenu au collectionneur français Georges Carous puis a été transmis à ses héritiers.
Dans sa présentation, la maison de vente précise que ce fusil faisait partie de ceux qui avaient bâti la réputation de l’armurerie de luxe algérienne aux 18e et 19e siècles. Elle rappelle notamment que des armes semblables avaient été offertes par le Dey d’Alger au futur roi britannique George IV et qu’un exemplaire similaire se trouve au musée Smithsonian, aux Etats-Unis.
Le deuxième lot est mis en vente par la maison Drouot. Ayant appartenu au maréchal Louis-Auguste de Bourmont, commandant de l’expédition française de 1830 contre Alger, elle daterait des années 1770-1780 et se trouve, d’après les documents de la vente, en possession de ses descendants. Cette « mokahla», d’une longueur de 1,53 mètre, est décorée d’un riche décor d’argent et de corail rouge, a indiqué la même source. Elle porte également une inscription en arabe, « Mohammed Mustapha », gravée sur la culasse du canon.
Des interrogations sont ainsi exprimées sur les conditions du transfert de cette arme du territoire algérien vers la France. La mise aux enchères de ces deux fusils intervient dans un contexte où l’Algérie redouble d’efforts pour récupérer une part de son patrimoine historique ayant fait l’objet d’un pillage en bonne et due forme de la part des militaires français durant les longues années de la colonisation.
Par : Elyas Abdelbaki




