En visite officielle de deux jours en Algérie, la commissaire européenne chargée de la Méditerranée, Dubravka Šuica, multiplie les rencontres avec de hauts responsables algériens, marquant une nouvelle étape dans le dialogue entre Alger et l’U.E.
La responsable européenne a, lors du premier jour de son séjour, tenu une série de réunions avec plusieurs départements ministériels, notamment les Affaires étrangères, l’Intérieur, l’Enseignement supérieur ainsi que le secteur de l’Énergie et des Hydrocarbures.
Ces échanges ont permis de passer en revue les différents volets de la coopération bilatérale et régionale, dans un contexte marqué par la volonté commune de redynamiser un partenariat parfois jugé déséquilibré.
Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, cette visite offre l’occasion de procéder à une évaluation globale des relations entre Alger et Bruxelles, tout en examinant les moyens de leur insuffler « davantage de dynamisme et d’équilibre ».
Les discussions se sont, en effet, inscrites dans le cadre du « Pacte pour la Méditerranée », lancé en novembre 2025, avec un accent particulier sur les domaines de l’investissement, du commerce, de l’énergie, de l’économie verte, de l’enseignement supérieur et de la mobilité. Reçue par Ahmed Attaf, la commissaire européenne a également abordé les défis sécuritaires et de développement dans le bassin méditerranéen.
Les deux parties ont ainsi souligné la nécessité de renforcer la coordination afin d’apporter des réponses durables aux enjeux communs. Le volet énergétique a, aussi, occupé une place centrale dans cette visite.
Dès son arrivée à Alger, Dubravka Šuica s’est entretenue avec Mohamed Arkab. Les discussions ont porté sur les perspectives de renforcement du partenariat énergétique, dans le cadre du dialogue stratégique entre l’Algérie et l’UE.
Partenariat en constante redéfinition
Par ailleurs, Mohamed Arkab a insisté sur la nécessité d’intensifier les investissements, en particulier dans l’exploration, la production et les infrastructures énergétiques, incluant le raffinage et la pétrochimie. Cette visite illustre, en outre, une volonté partagée de refonder la relation algéro-européenne sur des bases plus équilibrées, en phase avec les mutations économiques et énergétiques en cours à l’échelle régionale et internationale.
Rappelons que la relation entre l’Algérie et l’UE repose sur un partenariat ancien mais en constante redéfinition, à la croisée des enjeux économiques, énergétiques et géopolitiques.
Encadrée par l’Accord d’association signé en 2002 et entré en vigueur en 2005, cette relation a longtemps été dominée par une forte dimension commerciale. L’UE demeure, en effet, le premier partenaire de l’Algérie, absorbant l’essentiel de ses exportations, principalement des hydrocarbures, tout en étant un fournisseur majeur de biens industriels et d’équipements.
Toutefois, cet équilibre est jugé désavantageux par Alger, qui estime que l’ouverture du marché n’a pas suffisamment contribué à la diversification de son économie. Dans ce contexte, les autorités algériennes plaident depuis plusieurs années pour une révision de cet accord, afin de rééquilibrer les échanges et d’introduire davantage de mécanismes favorables à l’investissement productif et au transfert de technologie.
Au-delà du volet économique, le partenariat Algérie-UE intègre une dimension stratégique importante. Les deux parties entretiennent un dialogue régulier sur les questions de sécurité régionale, notamment au Sahel et en Méditerranée, ainsi que sur la lutte contre le terrorisme et la gestion des flux migratoires.
L’Algérie est, à juste titre, perçue comme un acteur clé de stabilité dans son environnement régional. Aujourd’hui, la relation entre Alger et l’Union européenne évolue vers un modèle plus pragmatique et équilibré, marqué à la fois par des intérêts convergents et des divergences assumées.
Par : Akram Ouadah








