La zone industrielle de Sétif a renoué, ce week-end, avec l’effervescence des grands jours. Sous un ciel d’hiver limpide, entre les hangars aux façades métalliques et le va-et-vient des camions bâchés, le signal d’un nouveau cycle économique a été donné. En lançant, sur site, plusieurs opérations d’exportation de produits «Made in Algeria», le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, a voulu ancrer le discours dans le concret : celui des chaînes de montage, des palettes filmées et des conteneurs scellés prêts à prendre la route.
Quatre destinations figurent au tableau d’expédition : les Pays-Bas et l’Espagne pour l’Europe, la Tunisie et la Mauritanie pour le continent africain. À travers ces exports, c’est une partie significative du tissu industriel sétifien qui s’expose à la concurrence internationale.
En effet, la société Agro-film a ainsi expédié des produits d’emballage aseptisés pour pâtes alimentaires vers la Tunisie et la Mauritanie. De son côté, Bia-axial a acheminé des produits d’emballage vers la Tunisie, l’Espagne et les Pays-Bas.
Dans le segment de l’électroménager, deux opérateurs majeurs étaient au rendez-vous. Condor et Saterex, filiale du groupe Iris, ont procédé à l’exportation de cargaisons d’appareils électroménagers à destination de la Tunisie et de la Mauritanie, confirmant l’ambition de ces groupes de s’imposer durablement sur les marchés régionaux.
Dans les ateliers visités, la cadence est soutenue. Les responsables d’unités mettent en avant la conformité aux normes internationales et les investissements consentis ces dernières années pour moderniser les lignes de production. «Nous sommes aujourd’hui en mesure de rivaliser sur des segments où, hier encore, nous étions absents», confie un cadre technique, évoquant les efforts en matière de certification et de contrôle qualité. L’enjeu n’est plus seulement de substituer l’importation, mais d’inscrire durablement le produit algérien dans les circuits d’exportation.
Pour le ministre, ce mouvement traduit une mutation plus profonde. «Ce flux d’exportations reflète la diversification croissante de nos produits, notamment dans les industries manufacturières. L’Algérie ne se contente plus de l’exportation traditionnelle ; elle propose désormais des produits à forte valeur ajoutée, répondant aux normes les plus exigeantes des marchés mondiaux», a-t-il déclaré en marge de la visite. Un propos qui s’inscrit dans la stratégie nationale visant à réduire la dépendance aux hydrocarbures et à rééquilibrer la balance commerciale.
Par : Amina A.









