Après des mois d’inquiétude marqués par un stress hydrique persistant, la wilaya de Skikda peut enfin respirer. Les précipitations généreuses qui se sont abattues sur la région depuis le début de l’année ont renversé la tendance et redonné espoir aux habitants et aux acteurs économiques. Le volume global stocké dans les barrages de la wilaya dépasse désormais les 140 millions de mètres cubes, garantissant une sécurité hydrique pour les mois à venir.
Selon Abdelkader Bouali, directeur de l’Hydraulique, le barrage de Beni Zid a atteint sa capacité maximale. L’infrastructure, qui a atteint sa capacité maximale de 100% (soit environ 44 millions de m³), rejette désormais l’excédent afin de sécuriser l’ouvrage et d’évacuer les sédiments accumulés. Une image qui contraste fortement avec la situation critique de quelques mois plus tôt et qui illustre l’intensité des apports pluvio-neigeux dans le Nord-Est du pays.
Le soulagement est également palpable au niveau du barrage d’El Kenitra, dans la commune d’Oum Toub, véritable poumon hydraulique de la wilaya, qui alimente près de 50% de la population locale en eau potable. Alors que son taux de remplissage stagnait dangereusement sous les 17%, il a bondi à 25% en l’espace de quelques jours, emmagasinant plus de 10 millions de m³ supplémentaires.
Pour le secteur agricole, pilier de l’économie locale, la situation s’améliore également. Les périmètres irrigués dépendant des barrages de Zit Emba et de Zerdaza (ce dernier approchant les 9 millions de m³) voient leurs perspectives de récoltes se clarifier, offrant un regain de confiance aux agriculteurs de la région.
Malgré ces chiffres encourageants, les autorités locales et l’Agence Nationale des Barrages et Transferts (ANBT) insistent sur la prudence. Si le taux de remplissage national frôle désormais 45%, avec des pointes dépassant 58% dans l’Est, la rationalisation de la consommation reste plus que jamais nécessaire. La stratégie nationale, combinant mobilisation des eaux de surface et dessalement de l’eau de mer, semble porter ses fruits. Skikda et ses environs connaissent aujourd’hui une sérénité hydrique que les citoyens n’avaient pas connue depuis plusieurs saisons, et l’optimisme retrouve peu à peu sa place dans les foyers.
Par : Amina A.









