À l’approche du mois sacré de Ramadan, les autorités de la wilaya de Constantine se veulent rassurantes quant à la disponibilité des produits de large consommation. Les stocks, notamment en viandes blanches, sont jugés largement suffisants pour répondre à la demande attendue. Cette assurance officielle intervient toutefois dans un contexte marqué par une tension perceptible sur les prix, essentiellement provoquée par une ruée précoce des consommateurs vers les marchés.
Dans un souci de régulation, les services de la wilaya ont engagé une opération d’envergure visant à renforcer l’approvisionnement du marché local. Il est ainsi prévu l’injection de plus de 3.415 tonnes de poulet jusqu’au mois de mars 2026, afin de faire face à la hausse saisonnière de la demande. Pour accompagner cet effort, un important dispositif logistique a été mobilisé, comprenant 266 chambres froides dont la capacité globale dépasse les 158.000 mètres cubes, destinées à la conservation des différents produits agricoles et alimentaires.
Malgré ces mesures, une certaine fébrilité s’est emparée des ménages. Le recours au stockage préventif, devenu un réflexe à l’approche de Ramadan, a provoqué une augmentation soudaine de la demande, entraînant une hausse rapide des prix. En l’espace de quelques jours, le prix du kilogramme de poulet est passé de 290 DA à 350 DA, tandis que celui de l’escalope a enregistré une augmentation, passant de 600 à 650 DA/kg.
La direction du Commerce impute cette situation à un comportement qualifié d’irrationnel de la part des consommateurs, soulignant que ce déséquilibre artificiel entre l’offre et la demande crée un terrain favorable à la spéculation. Sur les réseaux sociaux, certains commerçants eux-mêmes appellent à la retenue, assurant que les produits sont disponibles et que la panique n’a pas lieu d’être.
Afin de contenir les prix et de limiter l’intervention des intermédiaires, les autorités locales ont décidé de renforcer le dispositif des marchés de proximité à travers les principales daïras de la wilaya. Ces espaces, dédiés à la vente directe par les producteurs et les familles productrices, visent à rapprocher l’offre du consommateur final et à garantir des prix plus accessibles durant le mois sacré.
Parallèlement à ces mesures, la direction du Commerce a intensifié les opérations de contrôle sur terrain. Des brigades mixtes ont été déployées pour lutter contre la fraude, veiller au respect des normes de qualité et surveiller l’évolution des prix. Une cellule de suivi assure également une veille permanente sur les produits sensibles, notamment le lait, dont la production a été renforcée grâce à la contribution des laiteries publiques et privées.
Si l’État affirme avoir pris toutes les dispositions nécessaires pour garantir l’approvisionnement du marché, les autorités rappellent que la stabilité des prix demeure étroitement liée au comportement du consommateur. Elles insistent sur la nécessité d’adopter une consommation rationnelle afin de barrer la route aux spéculateurs et de permettre aux citoyens de passer le mois de Ramadan dans un climat de sérénité économique et sociale.
Par : Amina A









