L’année en cours marque un tournant avec l’entrée progressive en service d’un vaste programme de centrales photovoltaïques, appelé à modifier en profondeur un système électrique historiquement dominé par le gaz naturel.
Pendant longtemps, la production d’électricité en Algérie s’est appuyée presque exclusivement sur les ressources fossiles. Cette configuration, héritée de décennies d’exploitation gazière, commence aujourd’hui à évoluer avec l’émergence de projets solaires d’envergure, appelés à transformer progressivement le paysage énergétique national.
Une nouvelle étape est en train de s’ouvrir avec la mise en service programmée de plusieurs centrales photovoltaïques à travers le pays. D’ici à 2026, près d’une vingtaine d’installations devraient être intégrées au réseau électrique, marquant un changement d’échelle dans le recours aux énergies renouvelables. Ces infrastructures représentent une capacité globale estimée à environ 3 000 MW, répartie entre différents programmes publics dédiés au solaire.
Les régions du Sud et des Hauts Plateaux concentrent l’essentiel de ces projets. Ces territoires, caractérisés par un ensoleillement exceptionnel et de vastes espaces disponibles, accueillent les nouvelles centrales, depuis l’ouest saharien jusqu’aux zones steppiques du centre et de l’est. Une première vague de raccordements est attendue avant la saison estivale, avec plusieurs unités déjà en phase d’achèvement.
Certaines installations illustrent l’ampleur de cette dynamique. À Laghouat, une centrale de grande capacité doit entrer en production dans les prochains mois, tandis qu’à Biskra, un site photovoltaïque de très grande superficie s’étend sur plusieurs centaines d’hectares. Ces projets traduisent la volonté des pouvoirs publics de structurer une filière solaire industrielle, capable de répondre à une part croissante de la demande nationale en électricité.
Au-delà de l’augmentation des capacités de production verte, l’objectif principal reste environnemental. En substituant une partie de l’électricité d’origine gazière par du solaire, les autorités entendent réduire l’usage des combustibles fossiles dans le secteur électrique. L’enjeu est aussi économique et stratégique. Le ministère de l’Énergie estime que ces nouvelles infrastructures permettront d’économiser plus de quatre milliards de mètres cubes de gaz chaque année, ressources qui pourront être réorientées vers d’autres usages, notamment l’exportation.
Ce programme n’est toutefois qu’une étape. L’Algérie s’est fixé pour objectif d’atteindre 15 000 MW d’énergies renouvelables d’ici 2035. Avec plus de 3 000 heures d’ensoleillement par an, le solaire apparaît comme le pilier naturel de cette transition. Face à la hausse continue de la demande en électricité et aux impératifs environnementaux, le développement des énergies vertes s’affirme désormais comme un choix stratégique pour l’avenir du pays.
Par : Aly D










