Le groupe sidérurgique turc Tosyali, présent en Algérie à travers «Tosyali Algérie», a de nouveau interpellé l’Union européenne sur les quotas d’importation imposés à l’acier turc et algérien, estimant qu’ils constituent un frein injustifié à l’accès des produits des deux pays au marché européen, a rapporté l’agence Anadolu.
« La véritable décision que l’UE devrait prendre est de lever les quotas pour les pays producteurs en amont, comme la Turquie et l’Algérie », a affirmé Fuat Tosyali, président de Tosyalı Holding, Fuat Tosyali, lors du forum de Davos, soulignant que cela «compromet l’avenir de l’industrie sidérurgique de l’Union européenne ».
Le dirigeant turc a appelé, à cet effet, l’Union européenne à lever les restrictions quantitatives qui frappent l’acier en provenance de Turquie et d’Algérie, considérant que ces mesures vont à l’encontre des objectifs climatiques et industriels européens.
Selon lui, l’acier produit dans ces deux pays se distingue par de faibles émissions de carbone et devrait, à ce titre, être encouragé plutôt que limité.
Il a averti que le maintien de ces quotas risque d’affaiblir les industries européennes en aval, en les privant d’un approvisionnement compétitif et durable.
En Algérie, la question des quotas européens a été publiquement évoquée lors de l’inauguration de la Foire de la production nationale, le 18 décembre dernier.
Le responsable de la filiale algérienne de Tosyali, Alp Topcuoglu, avait alors dénoncé des quotas trimestriels épuisés en une seule semaine, malgré une forte demande des pays européens pour l’acier produit à Oran.
Le président Tebboune avait, pour sa part, plaidé pour la réciprocité et promis d’aborder ce dossier avec les partenaires européens, soulignant la qualité de l’acier algérien.
Si l’accès au marché européen reste contraint, l’acier algérien fait également face à des difficultés croissantes aux États-Unis. Le département américain du Commerce a récemment conclu à l’existence de pratiques de dumping et de subventions concernant l’acier algérien, ouvrant la voie à l’imposition de droits de douane élevés.
Il a ainsi demandé aux autorités douanières de «suspendre» les importations algériennes d’armatures en acier.
Une décision définitive devra être prise à ce sujet au mois de mars prochain.
Des tensions autour de l’acier algérien qui interviennent à un moment où l’Algérie s’apprête à accroître significativement ses capacités de production avec l’entrée en exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet, l’un des plus importants au monde.
Tosyali Algérie est devenu un acteur majeur de la sidérurgie nationale. La société vise la réalisation d’un chiffre d’affaires à l’exportation de 1 milliard USD en 2025. Pour 2026, son objectif est de dépasser 1,5 milliards de dollars.
Au mois de décembre dernier, Tosyali Algérie a signé avec le groupe Sonarem, à travers sa filiale FERAAL (Société nationale du fer et de l’acier), un accord pour la concrétisation d’un partenariat pour le développement de la mine de Gara Djebilet.
Avec le potentiel qui se présente en Algérie, le groupe turc est certain de pouvoir augmenter ses exportations. Pour peu que les partenaires européens lèvent les barrières qu’ils imposent.
Par : Elyas Abdelbaki









