Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, a souligné que la législation actuelle prévoit la peine de mort pour ce type de crimes.
L’épouvantable assassinant de l’enfant Marwa Boughachiche, âgée de 12 ans, enlevée à Constantine le 22 mai dernier et retrouvée morte à Djebel El Ouahch, a été soulevé, hier, à l’hémicycle de l’Assemblée populaire nationale (APN). Intervenant lors de la présentation du projet de loi relatif à la prévention du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaa, s’est en effet exprimé sur ce sujet. Il a souligné que la législation actuelle prévoit la peine de mort pour ce type de crimes. Or, un moratoire entré en vigueur en 1993 prévoit une suspension provisoire l’exécution de la peine de mort en Algérie. Depuis cette date, aucun condamné à mort n’a été exécuté, alors que le débat sur cette question ressurgi au sein de l’opinion publique lorsqu’il s’agit de crime crapuleux, notamment ceux commis contre des mineurs.
Revenant sur le meurtre de Marwa Boughachiche, le ministre a M. Boudjemaa, qui qualifié les faits liées au meurtre de la jeune Marwa de « crime grave », a affirmé que toutes les ressources ont été mobilisées pour l’enquête qui ont abouties à l’arrestation du principal suspect. Il a, également, précisé que le juge d’instruction poursuit actuellement les investigations en coordination avec les services de sécurité et le parquet compétent, et que des commissions rogatoires ont été émises dans ce cadre. Ce qui laisse supposer que d’autres individus impliqués dans ce crime font toujours l’objet d’investigations. Il a, en outre, assuré que la justice prendra toutes les mesures nécessaires pour poursuivre toute personne impliquée dans cette affaire. L’enlèvement de la jeune Marwa suivi d’un crime crapuleux a, faut-il le signaler, eu l’effet d’une onde de choc et suscité un vif sentiment de colère en Algérie.
L’information judicaire se poursuit et reste ouverte
Quelques jours après la découverte du corps sans vie de la jeune fille, le juge d’instruction près le tribunal de Constantine a, rappelons-le, ordonné la mise en détention provisoire d’un suspect, répondant aux initiales D.S., accusé d’enlèvement suivi de meurtre, avait indiqué un communiqué du procureur de la République près le même tribunal. «Conformément aux dispositions de l’article 11 du code de procédure pénale, le procureur de la République près le tribunal de Constantine informe l’opinion publique des développements de l’affaire de l’enlèvement suivi du meurtre de l’enfant Marwa Boughachiche, qu’à la suite à la disparition de la victime, le 22 mai 2025, et l’intensification des investigations des services de police judiciaire, suivies de la découverte de son corps dans la forêt de Djebel Ouahch, il a été confirmé, au moyen de l’expertise scientifique, que l’ADN de la victime concorde avec celui de ses parents», avait précisé le communiqué. « La poursuite des investigations a abouti à la mise en évidence d’un crime d’enlèvement et de meurtre, dont un suspect, dénommé D.S., a été arrêté», devait encore ajouter le communiqué.
«Le 2 juillet 2025, au titre de la première étape de l’enquête, le suspect a été présenté devant le procureur de la République et poursuivi dans le cadre d’une demande préliminaire d’enquête judiciaire pour les crimes d’enlèvement d’enfant par incitation ayant entraîné la mort de la victime et assassinat», lit-on encore dans le même document. « Après avoir entendu la partie civile (le père de la victime), les témoins et l’auteur présumé, le juge d’instruction a ordonné le placement du suspect en détention provisoire », avait précise encore le communiqué, ajoutant que l’information judiciaire « reste ouverte et se poursuit pour élucider toutes les circonstances de ce crime gravissime ».
Par : Akram Ouadah









