À l’approche du Festival du film méditerranéen d’Annaba, prévu du 24 au 30 avril 2026, la scène culturelle annabaie s’apprête à accueillir la 6ème édition. Fidèle à son ancrage méditerranéen, cette manifestation cinématographique met en avant des parcours marquants, en accordant une attention particulière aux figures nationales qui ont façonné l’imaginaire collectif.
Dans ce cadre, l’acteur Salah Aougrout sera distingué par le prix de l’Annab d’or pour l’ensemble de sa carrière. Connu pour sa présence singulière à l’écran, il a su, au fil des années, s’imposer aussi bien dans le registre comique que dramatique, contribuant à inscrire certaines de ses œuvres dans la mémoire populaire. Cette distinction vient saluer un parcours artistique marqué par la constance et une proximité avec le public.
L’actrice Bahia Rachedi figure également parmi les personnalités honorées lors de cette édition. Forte d’une longue carrière, elle s’est illustrée par des rôles variés qui ont accompagné l’évolution de la production audiovisuelle en Algérie. Son engagement et sa contribution à l’enrichissement du paysage artistique national lui valent aujourd’hui cette reconnaissance, qui souligne l’empreinte laissée sur plusieurs générations de téléspectateurs.
Dans une ouverture sur le cinéma international, le festival rendra également hommage au réalisateur danois Bille August, auquel sera décerné le prix de l’Annab d’or pour l’ensemble de son œuvre. Lauréat de l’Oscar et double Palme d’or, il s’est distingué par une filmographie exigeante, portée par une approche humaine et une sensibilité reconnue à l’échelle mondiale.
Par ailleurs, cette 6ème édition mettra à l’honneur l’Égypte en tant qu’invitée d’honneur, dans une démarche visant à consolider les liens entre les cinémas des deux rives de la Méditerranée. Ce choix renvoie à une histoire commune riche, illustrée notamment par des collaborations artistiques ayant marqué plusieurs décennies, à l’image du film «Le Retour de l’enfant prodigue» du cinéaste Youssef Chahine.
L’affiche officielle de cette édition, qui a été largement critiquée au sein de la scène artistique locale, notamment par des artistes annabis, est jugée en décalage avec l’identité de la wilaya d’Annaba. Plusieurs voix estiment qu’elle ne met pas en valeur le patrimoine culturel, ni l’héritage historique de la ville, relançant ainsi le débat sur la représentation visuelle d’un événement de cette envergure et sur son ancrage territorial.
Selon les déclarations, cette affiche a été conçue par le designer égyptien Hicham Ali dans une démarche de rapprochement culturel avec l’Égypte, invitée d’honneur de cette sixième édition. Elle se veut ainsi une expression symbolique des liens artistiques entre les deux pays et de leur héritage cinématographique commun. De son côté, le commissaire du festival, Mohamed Allal, a souligné que cette édition se veut un espace de convergence artistique, où l’héritage cinématographique commun trouve naturellement sa place.
Par : I.S












