Longtemps posée, la problématique du retour des populations dans les zones rurales et les conditions à réunir pour les encourager à retrouver les régions abandonnées, dans le sillage de la dégradation des conditions sécuritaires durant la période de lutte antiterroriste, est sur la voie de trouver son épilogue.
C’est du moins ce qui ressort de cette déclaration du wali, Ahmed Meguellati, lors de son récent déplacement dans l’une de ces zones désertées, en l’occurrence, Beni Ferguene, dans la commune d’El Milia. Sur les lieux et, face au représentant d’une association locale, demandant le lancement des projets de développement pour encourager le retour des populations, le chef de l’exécutif a pris note des préoccupations soulevées, notamment en matière du désenclavement et de l’électrification.
L’urgence est de raccorder les foyers en énergie électrique avec l’engagement des bénéficiaires de prendre en charge les frais d’installation des compteurs pour aider à leur retour. Ahmed Meguellati n’a pas omis de souligner que dans cette région, il y a à peine une centaine d’habitants, rappelant l’effort de l’Etat qui a lancé des projets à coups de milliards de centimes. Beni Ferguene a, en effet, bénéficié d’un projet d’amélioration urbaine, du lancement d’une route de désenclavement de l’une de ses plages, en plus de l’ouverture d’une salle de soins. Des notes pour l’ouverture de pistes et des routes de désenclavement à l’intérieur de cette grande agglomération rurale ont été prises.
Toutefois, il y a lieu de souligner que cette problématique du retour des populations ne se pose pas uniquement pour cette vaste région de l’extrême Nord-Est de la wilaya de Jijel. Elle est également soulevée de la même manière pour toutes les autres régions montagneuses, situées aussi bien dans les parties Sud ou Nord de la wilaya de Jijel. Tout au long d’un vaste relief montagneux souvent difficile d’accès, des zones entières ont été désertées. Le wali a évoqué le chiffre de plus de 600 localités éparses.
Ressusciter la vie dans ces zones est le défi des pouvoirs publics. L’après terrorisme et le retour à la paix et la sécurité se présentent telle une opportunité pour encourager le retour et la fixation des populations. L’idée a été lancée dès que le calme est revenu dans ces contrées, il y a quelques années, sans pour autant pouvoir se concrétiser. Des ex-responsables avaient conditionnés le lancement des projets de développement par le retour des habitants d’abord, arguant le fait que l’Etat ne peut pas investir dans des zones où il n’y a plus aucune âme qui vive.
Dans le même sillage, les citoyens natifs de ces régions conditionnent leur retour par le lancement de ces projets, notamment l’électrification et l’aménagement des routes. Dans certaines régions, les routes ont purement et simplement disparu sous l’effet de leur envahissement par la forêt. Dans d’autres, des projets d’électrification ont été abandonnés suite à la dégradation des conditions sécuritaires dans les années 1990. Relancer ces projets et en réaliser d’autres est la solution qui semble s’imposer pour aider au retour des populations. Le chef de l’exécutif de wilaya a, en effet, instruit pour la réalisation de ces projets d’électrification pour accompagner les populations dans leur retour escompté.
Cependant, si l’éventualité d’un retour massif des citoyens dans les zones rurales est écartée pour des raisons évidentes liées à leur fixation définitive dans les villes où ils se sont installés, le monde rural à Jijel reste un terreau pour la relance de la vie. C’est dans les contrées rurales qu’il y avait une vie et une intense activité agricole. Investir dans ces contrées par le lancement de projets de développement, en particulier l’ouverture des routes, ne peut être qu’un préalable à la relance de l’activité rurale.
Par :Amor Z










