La Direction générale des services vétérinaires (DGSV), relevant du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, a décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre les importations de bovins vivants.
Dans une note adressée aux « opérateurs économiques importateurs de bovins sur pieds » et datée du 22 octobre 2026, la DGSV justifie cette mesure par des « raisons sanitaires ».
La décision prévoit également l’annulation de toutes les dérogations sanitaires accordées aux importateurs et encore en cours de validité. En revanche, la DGSV ne précise ni la nature du risque sanitaire ni les pays d’origine concernés. Aucune date de reprise des importations n’a donc été annoncée.
Cette suspension intervient alors que l’Algérie recourt régulièrement aux importations de bétail pour renforcer l’offre de viandes rouges et répondre aux besoins du marché. En février dernier, les autorités avaient ainsi annoncé l’importation de plus de 144.000 ovins et de 46.000 bovins destinés à l’abattage, en prévision du mois de Ramadhan.
Les importations jouent également un rôle important à l’approche de l’Aïd El-Adha. Cette année, les pouvoirs publics avaient reconduit l’opération d’importation d’un million de moutons, déjà lancée en 2025. L’objectif était de rendre les animaux destinés au sacrifice plus accessibles et de contribuer à la maîtrise des prix. Le prix du mouton importé avait alors été plafonné à 50.000 dinars.
Ces opérations sont soumises à des contrôles vétérinaires destinés à prévenir l’introduction de maladies animales et à protéger le cheptel national. Les certificats sanitaires et les contrôles effectués avant et après l’arrivée des animaux constituent ainsi des étapes essentielles pour garantir la sécurité sanitaire des importations.
Au-delà de l’aspect sanitaire, une question se pose : quelles seront les conséquences de cette suspension sur les prix de la viande rouge si la suspension dure dans le temps ? L’arrêt des importations de bovins vivants pourrait compliquer l’approvisionnement des opérateurs et accentuer la pression sur le marché, sachant que la production nationale ne suffit pas à compenser les volumes habituellement importés.
Dans un contexte où le pouvoir d’achat reste une préoccupation majeure pour les ménages, une baisse de l’offre pourrait se traduire par une hausse des prix à la consommation. Tout dépendra toutefois de la durée de la suspension, des disponibilités du cheptel local et des mesures que les pouvoirs publics pourraient prendre pour maintenir un approvisionnement régulier.
Par : Elyas Abdelbaki












