Le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports a lancé une série d’ateliers dédiés à la réforme du secteur des transports, conformément aux directives du Premier ministre. Cette initiative s’inscrit dans une démarche de dialogue constructif avec les partenaires sociaux, visant à écouter et traiter les préoccupations des syndicats nationaux et à préparer des solutions durables pour l’ensemble du secteur. L’objectif principal est de moderniser le système de transport, de renforcer la qualité du service public offert aux citoyens et de garantir un cadre réglementaire clair pour les professionnels, tout en prenant en compte les évolutions économiques, sociales et technologiques qui influencent directement le secteur.
Mise en place des ateliers et réunion de coordination
Dans une correspondance officielle datée du 28 janvier 2026, le ministère a invité les principaux syndicats du transport, notamment l’Union nationale des transporteurs algériens (UNAT), l’Organisation nationale des transporteurs algériens (ONTA), l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) et l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), à une réunion de coordination prévue demain lundi, à 10h00, au siège du ministère. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la directive n° 531 du Premier ministre, qui prévoit la création immédiate de groupes de travail chargés d’étudier les demandes et préoccupations exprimées par les syndicats, afin d’élaborer une feuille de route pour un dialogue approfondi et une concertation effective avec tous les acteurs du secteur.
Cadre technique pour la réforme du secteur des taxis
Parallèlement, l’Union nationale des chauffeurs de taxi, affiliée à l’UGTA, a présenté un cadre technique détaillé pour la réforme et le développement du secteur des taxis, ainsi que pour l’amélioration du service public. Ce document, transmis au ministère le 20 janvier 2026, repose sur une approche structurelle et pérenne, favorisant le passage de solutions ponctuelles à une réforme globale fondée sur la gouvernance, la planification stratégique et des échéances claires. Le cadre propose notamment la mise en place de comités opérationnels dotés de pouvoirs spécifiques et de délais contraignants pour assurer la mise en œuvre effective des mesures prévues.
Révision des tarifs et modernisation du secteur
Le syndicat a mis en avant la question des tarifs des taxis, non révisés depuis 2012, malgré la hausse des coûts d’exploitation et l’évolution des indicateurs économiques et sociaux. Il recommande la création d’une autorité indépendante chargée de réviser annuellement les tarifs pour garantir un équilibre entre le pouvoir d’achat des citoyens et la pérennité du secteur. Concernant l’importation de véhicules, de pneumatiques et de pièces détachées, le
syndicat propose de prendre en compte la spécificité du service public assuré par les taxis. Il suggère d’autoriser l’importation de véhicules de moins de cinq ans, en particulier les véhicules neuf places non assemblés en Algérie, tout en les exemptant de certaines taxes et redevances. Le syndicat souligne également l’importance de garantir aux chauffeurs un approvisionnement régulier et à prix raisonnable en pneumatiques et pièces détachées.
Encadrement du transport informel et valorisation des licences
Face au développement du transport informel, notamment via les applications numériques, le syndicat insiste sur la nécessité d’instaurer une concurrence loyale et de réglementer l’accès à ces plateformes pour les seuls chauffeurs titulaires de licences. Il propose également d’intégrer les jeunes actifs dans ce cadre légal, afin de moderniser le secteur sans nuire aux professionnels en place. Concernant les licences réservées aux anciens combattants, le syndicat souligne leur valeur symbolique et propose une médiation administrative ainsi que leur numérisation, afin de faciliter leur gestion et d’améliorer le contrôle tout en fournissant des statistiques fiables à l’État.
Il réclame enfin une révision complète de la législation en vigueur, notamment le décret exécutif 12-230 et les conditions générales de 2016, afin de moderniser la profession et de prendre en compte la sécurité, la fiscalité, la protection sociale et les conditions de travail des chauffeurs, y compris l’âge de la retraite.
Par : S.A.B.









