Le conseiller de Trump a confirmé que les discussions engagées portent essentiellement sur un dialogue direct entre le Maroc et le Front Polisario, tandis que l’Algérie et la Mauritanie participent en qualité d’observateurs.
Le dossier du Sahara occidental connaît un nouveau tournant diplomatique avec l’implication directe de l’administration américaine dans la relance des négociations politiques. Dans une interview télévisée accordée lundi à la chaîne France 24, Massad Fares Boulos, conseiller principal du président américain pour les affaires arabes et moyen-orientales, a apporté des précisions significatives sur la configuration actuelle du processus de négociation.
Il a, notamment, confirmé que les discussions engagées portent essentiellement sur un dialogue direct entre le Maroc et le Front Polisario, tandis que l’Algérie et la Mauritanie participent en qualité d’observateurs. Cette clarification intervient dans un contexte marqué par la tenue, les 8 et 9 février derniers, à Madrid, de réunions discrètes organisées à l’ambassade des États-Unis.
Ces rencontres s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 31 octobre 2025. Une résolution qui a prorogé d’une année le mandat de la MINURSO et appelé à la poursuite des négociations sous l’égide du Secrétaire général et de son envoyé personnel. Selon Boulos, les États-Unis considèrent que les deux parties principales au conflit demeurent le Maroc et le Front Polisario.
« L’Algérie et la Mauritanie, bien que directement concernées en tant que pays voisins, sont invitées à participer en tant qu’observateurs, conformément aux résolutions onusiennes antérieures », a-t-il déclaré. Cette distinction n’est pas anodine : elle réaffirme une lecture juridique et politique du conflit dans laquelle la négociation porte sur un différend opposant Rabat au mouvement indépendantiste sahraoui. Et ce contrairement à la propagande makhzenienne qui tente de faire croire à un conflit dans lequel l’Algérie est, selon le Maroc, partie prenante.
Une solution « acceptable pour les deux parties »
Le conseiller du président Trump a, par ailleurs, tenu à saluer la posture d’Alger, évoquant le soutien du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et du ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, à la dynamique de règlement. Il a, en outre, précisé que le statut d’observateur implique une absence d’intervention dans les détails techniques des discussions, même si ces pays soutiennent le processus et encouragent la recherche d’une solution « acceptable pour les deux parties ».
Aussi, la présence de l’envoyé onusien, Staffan De Mistura, revêt une portée symbolique et politique forte : elle souligne que l’initiative américaine s’inscrit officiellement dans le cadre de la légalité internationale et non dans une démarche unilatérale. L’ambassade des États-Unis auprès des Nations unies a d’ailleurs confirmé que Washington agit conformément à la feuille de route onusienne et dans l’objectif explicite d’appliquer les dispositions de la résolution 2797.
Cette coordination américano-onusienne marque une tentative de sortir d’une impasse diplomatique qui dure depuis plusieurs années, ponctuée d’épisodes de tension sur le terrain et de blocages politiques répétés. L’un des éléments les plus significatifs de cette séquence diplomatique réside dans la confirmation que le Maroc et le Front Polisario négocient désormais de manière directe, sous supervision internationale.
En soulignant que la solution finale devra être « acceptable par les deux parties principales », Washington semble privilégier une approche pragmatique axée sur le compromis politique plutôt que sur des positions maximalistes. Il convient de souligner que la réaffirmation du rôle d’observateur de l’Algérie et de la Mauritanie intervient également dans un contexte régional marqué par des tensions diplomatiques persistantes entre Rabat et Alger.
La clarification américaine peut être interprétée comme une tentative de cadrage politique visant à éviter toute ambiguïté sur la nature des parties au conflit, tout en maintenant l’implication des États voisins dans une logique d’accompagnement régional. Pour l’heure, les discussions de Madrid n’ont donné lieu à aucune annonce publique détaillée sur le contenu des échanges. Il est également utile de préciser que la prorogation du mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2026 offre, une fenêtre temporelle claire pour tester la viabilité de cette
nouvelle impulsion. L’enjeu, désormais, sera de transformer cette séquence diplomatique en avancées concrètes sur le terrain politique.
Par : Akram Ouadah






