Hier, une conférence de presse s’est tenue à l’hôtel Seybouse à l’occasion de la 6e édition du Festival du Film Méditerranéen (AMFF), prévue du 24 au 30 avril. Organisateurs et partenaires ont présenté les principaux axes de cette nouvelle édition, centrés sur l’état d’avancement des préparatifs, le programme des projections, les temps forts ainsi que les films et invités annoncés.
Programmation riche et internationale
Cette 6e édition réunit plus de 55 films issus de 20 pays. Environ 13 productions internationales seront présentées en avant-première, parmi lesquelles Michael Jackson, My Father’s Scent, Diversion, The Megalomaniacs, Un Hijo et The Holy Boy.
Le festival explore différentes écritures cinématographiques, des longs formats aux courts récits et documentaires récents, prolongés par un concours de films en sélection officielle. Y figurent notamment Adako (Turquie), Aylan (Slovénie), La Première Image (Grèce), Round 13 (Tunisie) et The Megalomaniacs (Grèce).
Ces choix traduisent une ouverture à des productions variées issues de l’espace méditerranéen et au-delà, confirmant la dimension internationale de la sélection.
Mémoire sportive et non-agression de Gijón
Cette édition accorde une attention particulière aux œuvres destinées au jeune public ainsi qu’aux productions intégrant les technologies émergentes et l’intelligence artificielle. Elle s’articule également autour de Gijón, programmé le 25 avril, film consacré à la non-agression de Gijón, épisode controversé de l’histoire du football international souvent désigné comme le Match de la honte.
La projection se déroulera en présence de Rabah Madjer et de Salah Assad, figures du football algérien associées à cette rencontre de la phase de groupes, restée marquée par les soupçons d’arrangement ayant permis la qualification des deux équipes européennes. Le festival inscrit ainsi cette œuvre dans une lecture où le cinéma interroge des faits sportifs devenus objets de mémoire collective, entre éthique et histoire.
Hommages et distinctions
Au-delà de la présence annoncée de Rabah Madjer et de Salah Assad autour de Gijón, cette édition consacre une large part à la reconnaissance de figures du cinéma et de la création artistique.
Salah Aougrout sera honoré du prix Annab pour l’ensemble de sa carrière. Son parcours se distingue par une présence durable dans les registres comique et dramatique, avec des rôles devenus familiers du public et ancrés dans la mémoire audiovisuelle nationale.
Bahia Rachedi recevra également le prix Annab pour l’ensemble de sa carrière. L’actrice est distinguée pour un parcours long et constant, marqué par une contribution régulière à la scène artistique, entre télévision, théâtre et cinéma.
Le cinéaste danois Bille August sera enfin honoré du prix Annab d’or pour l’ensemble de sa carrière. Récompensé par un Oscar et deux Palmes d’or, il s’impose comme une figure majeure du cinéma mondial, portée par une œuvre à la fois exigeante et humaniste.
Ateliers et master class
Dans le prolongement de ces hommages, le festival renforce sa dimension professionnelle à travers un programme de master class structurant cette édition.
La première sera animée par l’historien Benjamin Stora, spécialiste de l’histoire de l’Algérie et des mémoires méditerranéennes. Prévue le mercredi 29 avril 2026 à 11 heures au département d’histoire de l’université Badji Mokhtar, elle réunira étudiants et chercheurs autour d’un échange modéré par l’enseignant Nadir Challali.
Le second master class sera conduite par John Rakich, directeur de sites de tournage à Hollywood. Elle se tiendra le lundi 27 avril 2026 à 11 heures au musée d’Hippone et sera animée par Mehdi Ben Aïssa. Elle offrira une immersion dans les coulisses des tournages et les mécanismes d’un secteur souvent peu accessible.
Annaba, ancrage méditerranéen du festival
Depuis sa relance, le Festival du Film Méditerranéen consolide une identité fondée sur la diversité des cinémas du bassin méditerranéen.
Entre projections, hommages et rencontres professionnelles, cette 6e édition confirme un positionnement structuré dans le paysage des manifestations cinématographiques régionales.
Par : S.A.K










