Dans le cadre d’un vaste programme national de réhabilitation urbaine, plusieurs quartiers défavorisés à travers l’Algérie s’apprêtent à bénéficier d’importants travaux de modernisation. Parmi les villes concernées figurent notamment Annaba, Constantine, mais aussi Alger et Oran, où les habitants attendent depuis des années une amélioration concrète de leurs conditions de vie.
Le gouvernement a débloqué une enveloppe conséquente pour la réhabilitation de 56 sites à l’échelle nationale, visant à améliorer les conditions de vie de près de 135.000 habitants. L’objectif est de lutter contre l’habitat insalubre, de renforcer l’accès aux services essentiels, de revaloriser l’espace public et de dynamiser l’économie locale dans les zones urbaines les plus marginalisées.
Les premiers chantiers lancés à Sidi Salem
À Annaba, la dynamique est déjà enclenchée. Le quartier de Sidi Salem fait figure de chantier-pilote. Longtemps marginalisé, il concentre de nombreuses problématiques : taux de chômage élevé, logements vétustes, déficit d’infrastructures scolaires et sanitaires. Aujourd’hui, Sidi Salem bénéficie d’un programme d’intervention multisectoriel.
Les premiers travaux ont démarré dès la fin de l’année 2024 avec la modernisation du réseau d’assainissement dans la cité des 400 logements. Des canalisations vétustes ont été remplacées afin de répondre à une urgence sanitaire dénoncée depuis longtemps par les riverains.
En janvier 2025, les autorités ont lancé une vaste opération de nettoyage et d’embellissement. Les avaloirs ont été curés, les caniveaux réparés, les graffitis effacés, et des travaux de voirie ont été entrepris pour rendre l’espace public plus fonctionnel et sécurisé. Une opération de démolition des constructions illégales a, également, été menée dans le cadre d’une politique de lutte contre l’urbanisation anarchique.
En mars 2025, un autre chantier a été lancé sur la façade maritime du quartier. Sous l’impulsion du wali d’Annaba, Abdelkader Djellaoui, un ambitieux projet de revalorisation de la corniche a vu le jour : réaménagement piéton, plantation de palmiers, déplacement des bacs à ordures et élargissement de la promenade côtière. Le chantier est mené à un rythme soutenu pour une livraison prévue avant la saison estivale.
Un défi national à relever localement
D’autres projets sont en cours de planification, notamment la viabilisation d’un terrain pour un futur village touristique avec chalets, équipements de loisirs et structures d’accueil. Une zone artisanale devrait, aussi, voir le jour pour reloger les petits commerçants et éleveurs installés de façon informelle, tout en soutenant une économie locale plus stable et formalisée.
En parallèle, d’autres quartiers, comme El M’Haffeur, Sidi-Harb, cité Auzas, les Lauriers Roses, Jebenet Lihoud, Bormette El Gaz, La Colonne et Pont Blanc, sont concernés par le programme. Ces zones, issues de la période coloniale où de vagues d’urbanisation peu encadrées souffrent de vétusté et d’un manque d’infrastructures. À Sidi-Harb, ex-bidonville ayant bénéficié d’un programme de relogement dans les années 1990, les logements dits “évolutifs” sont aujourd’hui dégradés, révélant les limites d’un aménagement sans suivi. El M’Haffeur, quant à lui, est touché par un processus de gentrification silencieuse, au détriment des familles modestes.
Un programme aux multiples volets
Le programme national de réhabilitation urbaine repose sur une approche globale. Il vise, non seulement à améliorer le cadre bâti, mais aussi à renforcer les réseaux d’eau potable, d’assainissement, d’électricité et de transport urbain. Des équipements collectifs (écoles, centres de santé, espaces verts) sont également prévus.
Sur le plan social et économique, l’État mise sur le relogement des familles vivant dans des conditions indignes, le soutien aux commerces de proximité, la promotion de l’artisanat local et la création d’emplois directs dans les zones concernées. Des mesures d’incitation à l’investissement sont aussi en discussion pour encourager le secteur privé à participer à la revitalisation urbaine.
Un engagement pour une transformation sociale
À Annaba, Sidi Salem s’impose comme une vitrine de cette nouvelle politique. L’ampleur des chantiers, leur diversité et le rythme d’exécution témoignent d’un engagement tangible des autorités. Mais pour que cette dynamique produise des effets durables, elle devra s’accompagner d’un suivi rigoureux, d’une gouvernance transparente et d’un dialogue renforcé avec les citoyens. Toutefois, les autorités promettent une approche intégrée pour que la réhabilitation urbaine ne se limite pas à une simple rénovation de façades, mais devienne un levier réel de transformation sociale.
Si les intentions affichées sont ambitieuses, leur mise en œuvre dépendra de nombreux facteurs : coordination entre les institutions locales et nationales, gestion rigoureuse des budgets, efficacité administrative, et surtout, implication des habitants à toutes les étapes. Reste à espérer que cette politique ne se limite pas à des effets d’annonce, mais débouche enfin sur des solutions structurelles pour les citoyens vivant dans des quartiers relégués depuis trop longtemps. On est impatient!
Par : Aly D










