Rétropédalage et tentative de rattraper le coup après les alertes lancés par le marché suite à la publication de la note du 22 décembre et un dérèglement inquiétant, perceptible dans les circuits financiers.
Les événements s’accélèrent à la Banque d’Algérie, première institution financière en Algérie. Quelques heures seulement après le limogeage du gouverneur de la BA par le président Tebboune, dimanche au soir, de nouvelles orientations sont émises concernant les dépôts en espèces étroitement surveillés depuis fin décembre 2025.
La Banque d’Algérie a, en effet, publié hier une nouvelle note autorisant le financement des comptes commerciaux au moyen des instruments de paiement scripturaux ou par versements en espèces, en fonction du chiffre d’affaires journalier et/ou hebdomadaire.
« Conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur, les mesures de vigilance relatives à la clientèle doivent être appliquées selon une approche fondée sur le risque, telles qu’elles étaient en vigueur avant la publication de la note n° 02 MAM/2025 du 22 décembre 2025 », lit-on dans la note.
Rétropédalage et tentative de rattraper le coup après les alertes lancés par le marché suite à la publication de la note du 22 décembre et un dérèglement inquiétant, perceptible dans les circuits financiers. D’après la récente note de la BA, il est précisé qu’« il est désormais possible d’alimenter les comptes commerciaux par des moyens de paiement scripturaux ou par des paiements en espèces, sur la base du volume d’activité quotidien et/ou hebdomadaire ».
Les opérations concernées doivent toutefois être conformes au profil du client et cohérentes avec les informations détenues par la banque, indique la note. Rappelons que la BA a émis, fin décembre, une note appelant à des « diligences renforcées concernant les clients et les opérations présentant des risque plus élevés ». Des mesures ciblant essentiellement les détenteurs de grosses sommes en espèces.
Effet immédiat : les circuits financiers sont rapidement asséchés. Des témoignages recueillis auprès de commerçants dans les grandes villes du pays indiquent qu’au lendemain du premier janvier de l’année en cours, plusieurs banques étaient dans l’impossibilité de fournir de l’argent liquide même sur la base de demandes préalablement établies.
Dérèglement
L’effet psychologique induit par la note du 22 décembre à été d’une ampleur telle que les circuits commerciaux et financiers ont été presque paralysées. Ladite note de la BA avaient justement appelé les établissements financiers à scruter de près les versements de grosses sommes d’espèces suivis systématiquement de déclarations de soupçons et de mesures de vérification approfondis.
Pour les « gros » détenteurs d’argent en liquide, que ce soit dans la sphère formelle ou informelle, cela s’apparentait à un durcissement brusque de la part de l’Etat envers le marché parallèle. Mais ce sont surtout les agents économiques, plus ou moins en règle avec les services fiscaux, qui ont été les plus impactés par la note du 22 décembre, nous explique un ancien banquier.
La note en question avait d’ailleurs laissé une petite brèche pour ceux dont l’argent n’a jamais visité une banque. « (…) Les mesures de vigilance prises dans ce cadre ne doivent pas constituer un écueil pour l’inclusion financière(…)», soulignait la note.
Mais, après le retour à orientations antérieurs à la note du 22 décembre, rien ne garanti un retour à la normale sur le marché monétaire. Car, la récente crise du carburant et les grèves sauvages décrétées par les transporteurs n’ont fait qu’aggraver la situation. Les transactions commerciales se sont rétractées depuis le début de cette semaine alors que les prix commencent à augmenter dans une logique dominée par la spéculation.
Par : Akram Ouadah







