Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a appelé à une réforme urgente et profonde de la Ligue arabe, estimant que cette organisation ne répond plus aux exigences actuelles du monde arabe. Ce message a été transmis hier samedi à Bagdad, lors du 34ᵉ Sommet arabe, par le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, qui a lu l’allocution du chef de l’État devant les dirigeants arabes.
Dans son message, le président Tebboune a souligné que « nous nous trouvons en effet à une étape charnière et fatidique », et que l’heure est venue pour les États membres de « reconsidérer ce qui nous unit ». Il a affirmé que « notre Ligue arabe a été fondée à une autre époque que la nôtre, dans un autre contexte que le nôtre et dans un autre environnement que le nôtre », appelant ainsi à sa réforme pour l’adapter aux défis et mutations de l’ère actuelle. « Une telle situation doit ramener au premier plan de nos priorités communes l’impératif de réformer notre Ligue arabe, confirmant ainsi la nécessité de l’adapter aux nouveaux défis, aux évolutions rapides et aux enjeux sans précédent de notre époque », a-t-il insisté.
Le chef de l’État a également rappelé que la Ligue arabe venait de célébrer son 80ᵉ anniversaire, un moment qui coïncide avec « des défis croissants sans précédent dans son histoire contemporaine ». Il a pointé la gravité des menaces qui pèsent sur le monde arabe, au premier rang desquelles figure la question palestinienne.
Le président Tebboune a fermement dénoncé les plans de liquidation visant la cause palestinienne. « L’occupation israélienne s’obstine à imposer sa vision absurde d’une paix qu’elle ne peut concevoir qu’à sa taille », a-t-il déclaré, regrettant une paix construite « sur les ruines de la cause palestinienne » et qui prive les pays voisins des éléments fondamentaux de leur sécurité et de leur stabilité. Face à cette « fatalité », il a estimé que les pays arabes doivent « renforcer leur rassemblement autour de cette cause centrale », qu’il considère comme « une responsabilité juridique, morale et civilisationnelle ».
Le président Tebboune a exprimé sa vive préoccupation concernant la détérioration de la situation sécuritaire, politique et économique dans de nombreux pays arabes. Il a cité notamment le Soudan, la Libye, le Yémen et la Somalie, où les divisions internes ont ouvert la voie à des interventions étrangères. Il a déploré l’absence d’un rôle arabe structurant dans la résolution de ces crises, ce qui a, selon lui, « hypothéqué injustement le présent et l’avenir de ces pays ».
Il a également plaidé pour une plus grande solidarité envers le Liban et la Syrie, soulignant que « l’unité, la souveraineté et l’intégrité de ces deux pays font partie intégrante de la question de la sécurité et de la stabilité dans toute la région du Moyen-Orient ».
Dans le prolongement de cette démarche, le président de la République a mis en avant le rôle que joue l’Algérie dans le cadre de son mandat arabe au Conseil de sécurité des Nations unies. « Nous espérons avoir réussi à faire entendre les préoccupations de notre nation », a-t-il affirmé, se félicitant de l’action menée par l’Algérie pour défendre « les aspirations et les ambitions » du monde arabe « avec dévouement, honnêteté et sincérité ».
Par : S.A.B.










