Le représentant du ministère public, près le tribunal d’El Hadjar a requis, hier en fin d’après-midi, vingt ans de prison à l’encontre des 59 inculpés présents et ceux absents au nombre de huit, qui sont toujours en fuite.
Le procureur de la République a, lors de son ferme réquisitoire, dénoté la gravité des évènements, notamment l’entrave au fonctionnement normal d’un établissement public et incitation à un rassemblement armé. Les détenus ont écouté le réquisitoire sans aucune réaction. Ils étaient là assis, occupant une grande partie de la salle d’audience, ils ont écouté sans plus. Plusieurs avocats, parmi la trentaine présente à l’audience, nous ont fait savoir qu’il s’agit là de la condamnation maximale encourue par les prévenus et qu’elle pourrait être revue à la baisse par le juge devant prononcer la sentence finale.
Durant plusieurs heures, les inculpés sont appelés tour à tour à la barre et, à chaque fois le magistrat constate des déclarations contradictoires. Le juge, dans ses interventions, insistait sur le lien de chaque prévenu avec deux gangs connus à Sidi Salem, notamment le gang « El Hofra » et le gang de « La plateforme ». Plusieurs prévenus ont nié les faits qui leur sont reprochés et leur appartenance à ces bandes de quartiers qui ont semé la terreur au sein de la population et qui ont déclenché l’attaque du commissariat extra muros de Sidi Salem, le 9 mars dernier.
Après la longue audition des prévenus, c’était au tour des avocats de la défense de plaider l’innocence en faveur de leurs clients. Au moment où nous mettons sous presse, l’intervention des robes noires se poursuivait. Selon certaines sources, le verdict final ne sera rendu que dans quelques jours, une semaine au plus tard, diront certains.
Un procès sous haute surveillance
Le procès s’est ainsi tenu sous haute surveillance, hier, au tribunal d’El Hadjar, le procès d’une affaire qui a défrayé la chronique. Tôt, hier matin, un impressionnant dispositif sécuritaire a été mis en place autour du tribunal d’El Hadjar. Il faudrait rappeler que 60 individus, dont un mineur, impliqués dans l’attaque du commissariat extra muros de Sidi Salem, étaient en détention provisoire. Les mis en cause sont sous le coup de plusieurs chefs d’inculpation, notamment entrave au fonctionnement normal d’un établissement public en utilisant des armes avec menaces et agression violente envers les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions. Le communiqué précise que les détenus sont accusés de participer à de violents affrontements, réunions de gangs de quartiers qui ont causé volontairement des coups et blessures, dégradation de biens et incitation à un rassemblement armé.
Un arrêt de renvoi explicite et lisible
Le parquet a révélé la genèse des terribles évènements de l’attaque du commissariat de Sidi Salem. En effet, contrairement à ce qui a été rapporté jusque-là, le 9 mars les services de police du commissariat ont reçu un appel au numéro d’urgence 1548, de la part d’une femme, faisant état de la séquestration de sa fille avec tentative d’assassinat à l’aide d’arme blanche de la part de son conjoint. Les éléments de la Sûreté urbaine de Sidi Salem, territorialement compétents, se sont alors rendus en urgence à l’adresse indiquée par la plaignante, sise au bidonville des 4.000 baraques, tristement connu pour abriter une majorité de délinquants. La victime fût retrouvée ligotée et, tout comme sa mère, en état de choc. En professionnels et connaisseurs du terrain, les policiers ont conduit la victime vers le commissariat, dans la précipitation, afin de prendre sa déposition et éviter le ‘’contact’’ avec l’époux, un repris de justice connu, affirme une source digne de foi.
Ayant fui le domicile quelques minutes avant l’arrivée de la police, l’époux en question, ayant constaté l’évacuation de son épouse vers le commissariat, ameutera ses amis et acolytes, qui se dirigeront en nombre, armés de sabres, fumigènes… pour libérer leur ‘’victime’’ des mains des policiers, chez lesquels elle était sous protection
Une heure après les faits, le siège du commissariat extra muros a été pris d’assaut par le groupe d’individus armés, munis de chiens avec, à la tête du gang de quartier, le mari de la victime. Cette violente attaque a provoqué des dommages physiques parmi les fonctionnaires de police, ainsi que des dégâts importants enregistrés parmi la population. Ainsi, 60 prévenus ont été présentés le mercredi 15 mars par devant le tribunal correctionnel d’El Hadjar, selon la procédure de la citation directe, qui permet d’enrôler l’affaire dans les plus brefs délais. Le tribunal a décidé la détention provisoire de l’ensemble des accusés.
Par : A.Ighil










