L’écrivain devait se rendre en Italie à la fin du mois pour promouvoir son roman.
Le journal italien Corriere della Sera a, dans son édition du 2 juin, annoncé la probable arrestation de l’écrivain franco-algérien, Kamel Daoud, poursuivi par les juridictions algérienne et française.
Attendu en Italie à partir du 16 juin pour faire la promotion de la traduction italienne de son prix Goncourt, Houris, l’écrivain devait se rendre à Milan à la fin du mois pour promouvoir son roman. Craignant une interpellation et une extradition vers l’Algérie, il a finalement annulé son déplacement, rapporte Le Figaro.” Il n’ira finalement pas en Italie”, explique la même source. Kamel Daoud a préféré annuler sa visite, craignant de se faire arrêter à son arrivée à l’aéroport de Milan, d’être présenté à un juge et d’être extradé en Algérie.
Selon une source proche du dossier, un juge italien aurait accepté de faire interpeller l’auteur et de le livrer à Alger. Depuis la parution de Houris, qui relate l’histoire d’une jeune femme rescapée de la décennie noire (1992-2002) en Algérie, Kamel Daoud fait l’objet de multiples plaintes, notamment pour « violation de la loi sur la réconciliation nationale ». Une poursuite qui se fonde sur une loi de 2005, qui prévoit une peine d’emprisonnement de 3 à 5 ans.
La publication du livre a été interdite en Algérie.
En mars puis en mai, l’auteur a fait l’objet de deux mandats d’arrêt internationaux émis par un juge du tribunal d’Oran pour la publication de son roman primé . La possibilité d’une arrestation de l’écrivain aurait été, selon Le Figaro, directement négociée entre l’Algérie et l’Italie, qui entretiennent de bonnes relations ces derniers mois, notamment depuis la signature d’un accord sur l’exploitation de gaz entre les deux pays. Naturalisé français en 2020, Kamel Daoud bénéficie d’une protection française en restant sur le territoire. Le lauréat du Goncourt avait également prévu de partir en tournée en Chine ces prochaines semaines. Compte tenu des relations du géant asiatique avec l’Algérie, il a préféré annuler sa visite.
Par : Akram Ouadah









