Ce forum à Alger ouvre une nouvelle ère de coopération économique entre les deux pays
Le Forum d’affaires Algérie-Brésil, organisé au Sofitel Alger, a réuni plus d’une vingtaine d’entreprises brésiliennes venues explorer de nouvelles perspectives de coopération avec l’Algérie. Actives dans des domaines variés – agroalimentaire, pharmacie, aéronautique, équipements industriels – ces sociétés ont participé à un événement conçu pour repenser en profondeur les échanges économiques entre les deux pays.
Mis en place par le ministère brésilien des Relations extérieures, l’Agence APEX Brasil, la Chambre de commerce arabe-brésilienne, l’ambassade du Brésil à Alger et le Conseil du renouveau économique algérien (CREA), ce forum a permis de poser les bases d’une collaboration plus ambitieuse, reposant sur des projets concrets, des transferts de savoir-faire et une volonté partagée de créer de la valeur localement.
L’objectif affiché est clair : aller au-delà des simples échanges commerciaux et construire une relation fondée sur la complémentarité et le codéveloppement.
Une coopération ancrée dans la production et le transfert de savoir-faire
C’est ce qu’a souligné Kamel Moula, président du CREA, en affirmant : « Nous n’aspirons plus à de simples relations commerciales de vente et d’achat, mais à bâtir de véritables partenariats économiques dans des nouveaux domaines, reposant sur la coopération et la production conjointe ». Une déclaration qui résonne avec la transformation engagée par l’Algérie dans son modèle économique, et avec l’expérience brésilienne, notamment dans les secteurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Le développement de projets dans le Sud algérien figure ainsi parmi les priorités communes, avec une attention particulière portée à la formation et à la co-construction de filières locales.
L’ambassadeur du Brésil à Alger, Marcos Vinicius Pinta Gama, a rappelé les fondements historiques de cette relation bilatérale. Une proximité diplomatique et culturelle que le Brésil entend aujourd’hui traduire en projets industriels. Le diplomate a par ailleurs insisté sur l’importance croissante des échanges commerciaux. En 2023, l’Algérie est devenue le premier partenaire du Brésil en Afrique, et en 2024, elle reste son deuxième sur le continent. Inversement, le Brésil conserve sa place de premier partenaire commercial de l’Algérie en Amérique latine. Ces données illustrent un potentiel important encore sous-exploité.
Exemples concrets d’implantations et vision partagée du codéveloppement
De son côté, le directeur général de la CACI, Chakib Kouidri, a appelé au renforcement des mécanismes bilatéraux existants, notamment à travers la relance du forum d’affaires conjoint. Il a aussi donné un exemple concret de coopération réussie : « C’était une très belle surprise de voir que cette entreprise avait décidé de relocaliser sa production ici, en Algérie », a-t-il indiqué en évoquant une coentreprise entre une filiale électroménager du groupe brésilien Weg et un fabricant algérien de moteurs.
Au-delà des discours, ce forum s’inscrit dans un contexte de recomposition des alliances Sud-Sud. L’Algérie, qui devrait enregistrer une croissance de 3,5 % en 2025, entend tirer parti de sa position géographique, de ses ressources naturelles et de son capital humain pour attirer des partenaires stratégiques. Le Brésil, quant à lui, cherche à diversifier ses débouchés africains et voit en l’Algérie une porte d’entrée prometteuse. Le rendez-vous d’Alger pourrait bien être le point de départ d’une nouvelle dynamique, portée par des investissements croisés, des transferts technologiques et des unités de production locales.
Par : S.A.B.









