Par : A.A.
Au-delà de son nouveau statut, la nouvelle ville d’Ali Mendjeli, où la violence a vraiment gagné du terrain, a besoin, aujourd’hui et plus que jamais, d’être suffisamment sécurisée. Un constat auquel adhèrent et les habitants et les services de sécurité. Pour preuve, des échauffourées éclatent chaque jour, ou presque, entre les habitants, notamment ceux des UV 14 et UV 20. Ainsi, sur les 537 batailles rangées recensées, durant les onze mois de l’année en cours, par les services de la sûreté de wilaya, plus de 300 affaires ont été enregistrées à la ville nouvelle d’Ali Mendjeli. En effet, ce climat d’insécurité remet sur le tapis toute la gestion de la nouvelle circonscription administrative qui continue, à dire vrai, de poser problème aux autorités locales.
Il est clair que la ville nouvelle affiche toujours un spectacle répulsif. Un scénario qui était prévisible, disent certains spécialistes en aménagement du territoire. Pour eux, les choses ont, dès le début, pris le mauvais chemin. Le politique a, en d’autres termes, pris le dessus sur les considérations urbaines et architecturales. Le projet en lui-même est faramineux et ambitieux, mais il fallait qu’il soit suffisamment réfléchi pour faire, effectivement, de cette nouvelle ville un espace convivial, où l’individu peut se sentir, relativement, à l’aise chez lui. Un pari qui semble être, au fil des jours, abandonné pour laisser place, aujourd’hui, à des illusions. Certaines parties de La nouvelle ville, heureusement pas toutes, ne sont, aujourd’hui, qu’un ensemble de logements sans aucun attrait. Pour preuve, certains locataires, par nostalgie aussi, affichent aujourd’hui un immense regret de revenir à leurs anciennes habitations.
L’exemple de l’UV 14 en est, à ce propos, plus qu’édifiant. Ses locataires dénoncent, aujourd’hui, une dégradation presque totale du cadre de vie, et ce, par rapport, bien évidemment, à d’autres unités de voisinage, où les conditions semblent nettement meilleures. Un constat qu’il est, d’ailleurs, facile à vérifier. Il suffit de se rendre, pour la première fois, dans cette unité pour constater de visu les énormes dégâts causés aux habitants. Aucun aménagement, proprement dit, n’a été, semble-t-il, prévu pour cette unité de voisinage et pour d’autres. Toutes les conditions sont, effectivement, réunies pour la prolifération des rats et autres rongeurs. Sans nul doute, l’incivisme de certains locataires a également contribué à une déliquescence avancée de ces unités de voisinage.
À ce propos, il faut également reconnaître que la responsabilité est partagée. À l’extérieur comme à l’intérieur, le facteur qualité a été sacrifié au détriment d’une politique de relogement, tous azimuts, qui a, faut-il le reconnaître, montré ses limites. En l’absence d’une stratégie urbaine et globale de la ville, il fallait s’attendre à toute cette anarchie dans laquelle la nouvelle ville est, actuellement, plongée. Et si quelques problèmes liés à l’insécurité et à l’insalubrité de la ville commencent à se faire lourdement sentir, d’autres répercussions, d’ordre social, ne vont pas d’ailleurs tarder à s’installer dans ces entités d’habitations. La cohabitation, entre plusieurs catégories sociales, n’est guère facile, pour ne pas dire impossible. En somme, l’UV 14 demeure, sans nul doute, un exemple illustratif de ces imperfections urbaines commises dans la nouvelle ville. Des imperfections que certains s’obstinent, toujours, à nier l’existence. Mais, les faits sont là. Une simple virée du côté de cette unité de voisinage est largement suffisante pour que ces derniers changent, peut-être, d’avis. Et l’on revient, encore une fois, à dire que la nouvelle circonscription administrative d’Ali Mendjeli a certainement besoin, vu la complexité de ses problèmes et l’immensité de sa surface (1500 hectares), d’une prise en charge très particulière. Interrogé sur cette violence qui a pris malheureusement, dans la nouvelle ville, la forme d’un phénomène social, Boubakeur Djimli, Docteur en sociologie à l’université Constantine 2 n’a pas hésité à dresser, lui aussi, un constat accablant. Elle est partout cette violence, explique-t-il, aux effets ravageurs sur le tissu social. Et sur ce point précis, les paramédicaux et les médecins, en particulier, du CHU et des autres établissements hospitaliers peuvent certainement en témoigner, a tenu à préciser ce chercheur. Nous sommes partout violentés, déplore-t-il, dans la rue, dans les moyens de transport en commun, dans les marchés, dans nos quartiers, dans les écoles, entre autres. Selon lui, les obscénités que nous entendions et l’insalubrité des lieux sont une forme de violence. Pour ce spécialiste, cette violence a certainement une explication. Elle réside, selon lui, dans la prolifération inquiétante de la drogue dans le milieu des jeunes, mais dans la dissolution, aussi et surtout, de nos valeurs et de nos repères socio-religieux. La famille algérienne n’est plus la même, affirme-t-il. Elle a perdu ce rôle éducatif et de contrôle parental qu’elle jouait auparavant, lance-t-il avec une pointe de chagrin. Idem pour l’école qui n’est plus un lieu de savoir, ajoute-t-il, mais plutôt un lieu de violence par excellence. Et les actes de violence enregistrés, chaque année, dans les établissements scolaires sont là, estime-t-il, pour confirmer ce triste et accablant constat que tous les spécialistes partagent. Ces derniers, qui ne cessent d’ailleurs de tirer la sonnette d’alarme, sont unanimes sur un point : seul le retour à nos valeurs ancestrales serait en mesure de redresser la situation dans la nouvelle ville et dans les autres quartiers de la ville du vieux rocher.









