Dans la paisible commune de M’khadema, nichée au cœur d’un territoire agricole à forte vocation, l’inquiétude grandit à mesure que les caprices climatiques se multiplient et que les eaux de l’oued Jday menacent, saison après saison, les terres fertiles et les efforts laborieux d’une population qui vit au rythme de la terre. Cette crainte, devenue récurrente, s’est récemment transformée en un cri d’alarme lancé par des agriculteurs déterminés à ne plus subir en silence les assauts de ce cours d’eau imprévisible.
En effet, plusieurs exploitants locaux ont élevé la voix pour interpeller les autorités compétentes, tant au niveau communal que de la wilaya, afin d’anticiper et de freiner les dangers d’une crue soudaine de l’oued Jday, dont les débordements antérieurs ont causé des pertes considérables et entamé leur résilience. Selon les témoignages recueillis sur place, les stigmates des inondations passées restent visibles sur les cultures et les infrastructures rudimentaires, exposant une situation à la fois fragile et alarmante.
Ce nouvel appel au secours n’est pas un simple caprice, mais bien le reflet d’une urgence environnementale et socio-économique pressante. Les agriculteurs, conscients des contraintes budgétaires et des complexités administratives, n’en restent pas moins persuadés qu’une intervention ciblée, à travers des aménagements hydrauliques appropriés et une stratégie de prévention rigoureuse, pourrait atténuer les effets dévastateurs des crues saisonnières.
Derrière cette mobilisation, c’est tout un pan de l’économie locale qui cherche à préserver son équilibre, à éviter le spectre de l’abandon des terres, et à sauvegarder un savoir-faire agricole transmis de génération en génération. Ce combat, aussi discret qu’acharné, mérite une oreille attentive et des réponses concrètes, à la hauteur des espoirs placés dans les institutions publiques.
Dans ce contexte, l’inaction pourrait s’avérer lourde de conséquences, tant sur le plan humain que sur celui du développement local. Car au-delà des hectares menacés, ce sont des familles entières qui redoutent chaque nuage, chaque averse, chaque montée d’eau. En se tournant vers les pouvoirs publics, les agriculteurs de M’khadema réaffirment, avec une dignité exemplaire, leur attachement à leur terre et leur volonté de la protéger.
Ainsi, il appartient désormais aux autorités concernées de répondre à cet appel avec la célérité et la lucidité requises, en inscrivant durablement cette problématique dans les priorités des politiques de gestion des risques et de protection des zones agricoles sensibles. Car à M’khadema, comme ailleurs, prévenir vaut toujours mieux que reconstruire.
Par : N.BENSALAH










