Cette année, la hausse des prix quasi-généralisée a débuté bien avant le mois du carême. Une chose que confirme un rapport des services du commerce qui révèle qu’entre 2021 et 2022, l’indice des prix des légumes a enregistré une hausse de 19%, la palme revenant à l’oignon avec un renchérissement de 48%, alors que pour les fruits, le même document indique une augmentation de l’indice des prix de 38%. Pour les viandes, l’indice des prix a cette fois-ci bondi de 16%, dont +42% pour les œufs. Néanmoins, après les premiers jours du ramadhan, les prix de certains légumes sont revenus à des seuils beaucoup plus modestes. En effet, la montée vertigineuse qu’avaient enregistrée la tomate, la courgette, la carotte ou encore l’échalote par exemple, s’est atténuée au fil des jours. Mais, pour certains ingrédients ou fruits, les porte-monnaie des consommateurs sont intensément érodés. Prenons l’exemple de l’oignon. Désormais, il n’y a pas que la découpe des oignons en cuisine qui produit des larmes.
L’oignon fait doublement pleurer
A Jijel, rien que la vue du prix affiché pour cet ingrédient, incontournable en cuisine, peut stimuler les glandes lacrymales, particulièrement chez les petites bourses. Le prix de l’oignon caracole désormais à 180, voire 200 dinars le kilogramme. Ceux qui se rabattent sur les échalotes ont eu la mauvaise surprise de constater la cherté de ce produit puisque le paquet de 4 à 5 bulbes avait atteint les 120 dinars. Néanmoins, le prix pratiqué actuellement a reculé vers les 80 DA. Cette fièvre qui a touché cette plante potagère, a débuté bien avant l’arrivée du mois de ramadhan, période propice à toutes les envolées de la mercuriale. Si, pour les fruits les prix sont quasi-uniformes, pour les légumes, à Jijel, une grande différence existe entre par exemple le marché du centre-ville, d’Ayouf et celui de Village Moussa, privilégié ces derniers temps pour les tarifs pratiqués. Ainsi, en fonction de la localisation du marché, le prix de la carotte peut varier de 45 DA à 70 DA, de même pour la pomme de terre qui oscille entre 60 DA et 80 DA, ou encore la courgette dont le prix évolue entre 85 et 120 DA/kg. La laitue connaît depuis quelque temps une envolée spectaculaire atteignant même les 200 DA/kg, bien que l’on puisse s’en offrir des moins fraîches à 150 DA/kg. Le poivron quant à lui évolue entre 120 et 150 DA/kg alors que pour s’offrir des petits pois, il faut dépenser au moins 250 DA pour un kilogramme. Pour l’indispensable tomate, le tarif affiché est lui aussi plus modéré par rapport à la hausse constatée il y a quelques semaines où le kilogramme de ce fruit-légume se monnayait à 160 DA.
La production du sud du pays au secours des petits salaires
Fort heureusement, avec l’arrivée de la production des zones sahariennes comme Biskra et El Oued, le prix va de 100 à 120 DA. Mais la palme cette fois-ci revient au haricot vert qui joue désormais dans la cour des fruits, en affichant un prix allant 400 à 450 DA/kg, après avoir oscillé entre 500 et 550 DA/kg. Côté fruits, jamais, peut-être leur cherté n’a été si durement ressentie par les consommateurs. Les petites oranges sont cédées à 160 DA/kg, alors que pour se procurer des moyennes, il faut débourser au moins 250 DA. Les plus belles demandent une dépense de plus de 320 dinars, au minimum. Le plus étrange cette année, est le prix élevé de la fraise qui s’accapare désormais l’essentiel des terres destinées auparavant au maraichage. Le plus bas seuil ne descend pas au-dessous des 300 dinars ! Même chose pour la banane locale qui, sans avoir à traverser mer et océan, puisqu’elle est produite à une dizaine ou vingtaine de kilomètres du chef-lieu de wilaya, affiche des tarifs non loin de celle, plus présentable et ayant parcouru des milliers de kilomètres : au minimum 480 DA/kg pour la Jijelienne!
Par : Fodil S.










