Les B-2 qui ont frappé les sites nucléaires iraniens ont volé sans interruption pendant environ 37 heures depuis une base du Missouri et ont été ravitaillés en carburant à plusieurs reprises en vol.
L’armée américaine a, dans la nuit de samedi à dimanche, procédé à des frappes aériennes contre l’Iran, marquant ainsi un tournant dangereux dans le conflit au Proche-Orient opposant depuis le 13 avril Tel-Aviv à Téhéran. Des sites nucléaires à Fordo, Natanz et Ispahan ainsi que des installations militaires ont été ciblés par les Etats-Unis qui ont eu recours à des bombardiers tactiques et des charges explosives perforantes visant des installations enfouies à des dizaines de mètres sous terre dans plusieurs régions iraniennes. Les B-2 qui ont frappé les sites nucléaires iraniens ont volé sans interruption pendant environ 37 heures depuis une base du Missouri et ont été ravitaillés en carburant à plusieurs reprises en vol, a déclaré un responsable américain au NYT sous couvert d’anonymat, cité hier par le site Russia Today (RT). Selon le Wall Street Journal, l’administration Trump a fait savoir à l’Iran que les frappes contre les installations nucléaires étaient « un acte ponctuel et non le début d’une guerre visant à changer de pouvoir ».
Les autorités iraniennes ont affirmé, suite à ces attaques, qu’il n’y avait « pas de danger » pour la population de Qom et des zones proches du site d’enrichissement d’uranium de Fordo, au sud de Téhéran. « Il n’y a pas de danger pour la population de Qom et des régions environnantes » de l’installation souterraine de Fordo, a indiqué le service régional de gestion des crises dans un communiqué, selon l’agence officielle IRNA. Des médias iraniens ont confirmé les frappes aériennes annoncées par Donald Trump sur Fordo, Natanz et Ispahan. « Il y a quelques heures (….) une partie du site nucléaire de Fordo a été attaquée par des frappes aériennes ennemies», a indiqué Morteza Heydari, porte-parole du service de gestion des crises de la province de Qom, cité par l’agence Tasnim.
« Les défenses anti-aériennes d’Ispahan et de Kashan ont été activées contre des cibles hostiles et plusieurs explosions ont été entendues simultanément», a pour sa part déclaré l’adjoint à la sécurité du gouverneur d’Ispahan à l’agence Fars.
De son côté, l’Organisation de l’énergie atomique du pays a affirmé que les attaques américaines « n’arrêteront pas» les activités nucléaires de l’Iran, qualifiant ces bombardements d’ « acte barbare ».
Risque d’un embrasement régional
« Aujourd’hui à l’aube, les sites nucléaires du pays à Fordo, Natanz et Ispahan ont été attaqués par les ennemis de l’Iran islamique dans un acte barbare qui viole le droit international », a déclaré l’organisation dans un communiqué publié par les médias d’Etat. « Malgré les complots maléfiques de ses ennemis », l’Iran « ne laissera pas le chemin de développement de cette industrie nationale (…) être arrêté », a-t-elle ajouté. Cependant, et d’après bon nombre de médias, les frappes américaines n’ont pas réussi à mettre hors-service les équipements vitaux utilisés dans l’enrichissement de l’uranium. Plusieurs sites nucléaires iraniens ont en effet été évacués ces derniers jours et les équipements ainsi que les équipes scientifiques redéployés dans d’autres sites sécurisés, ont révélé ces mêmes sources. Sur le plan diplomatique, de nombreux pays ont dénoncé ces attaques, notamment la Chine et la Russie, tout en mettant en garde les américains d’un embrasement dans la région et même au-delà.
Par : Akram Ouadah









