Le prix du kilogramme de poulet vivant en gros oscille actuellement entre 220 DA et 240 DA, alors que le coût de production est compris entre 250 DA et 280 DA.
Le marché de la volaille en Algérie entame un nouveau cycle de déprime généralisé. Les indicateurs sont au rouge chez les aviculteurs en raison principalement d’une surabondance dans la production.
Résultat : les prix du poulet s’effondrent. Et nombreux sont les aviculteurs et commerçants qui estiment que la décision d’inonder le marché en viandes blanches, notamment à travers des importations massives de poulets surgelés, pour faire baisser les prix, est « une fuite en avant », alors qu’il est plus opportun de régler le problème dans le fond. Le site Maghreb émergent (ME) a avancé des estimations des prix pratiqués sur le marché, indiquant que « si le consommateur bénéficie de cette chute, l’éleveur, lui, travaille désormais à perte ». Affirmant que « le seuil critique est franchi », la même source le prix du kilogramme de poulet vivant en gros oscille actuellement entre 220 DA et 240 DA.
« Ce seuil, jugé alarmant par les professionnels, est bien en deçà du coût de revient », rapporte ME. Sur le marché de détail, le poulet vivant est cédé entre 270 DA et 300 DA/Kg ; le poulet déplumé vaut entre 330 DA et 360 DA/Kg, alors que les escalopes de poulet sont vendues entre 650 DA et 730 DA/Kg. Citant des aviculteurs, ME avance que ces tarifs sont « les plus bas enregistrés depuis des années », situant le coût de production du kilogramme de poulet entre 250 DA et 280 DA.
Dans ce cadre, il y’a lieu de rappeler que la reprise des relations commerciales, à partir de 2024, entre l’Algérie et l’Espagne, fruit d’un dégel dans les relations diplomatiques, a booster l’activité d’importation de poussins pour la production de poulet de chair. L’Espagne étant le premier fournisseur de l’Algérie en poussin, selon des rapports d’organismes internationaux. «Nous sommes en train de subventionner le marché de notre poche. C’est un désastre qui va entraîner des faillites en cascade si rien n’est fait rapidement», a déclaré, par ailleurs, un aviculteur à ME.
D’autres sources font état d’un marché saturé suite à un cycle de production soutenu, sans mécanismes efficaces de régulation ou de stockage pour absorber les excédents et d’une filière en proie à de nombreux aléas. L’activité avicole, générant souvent des bénéfices conséquents lorsque les conditions de production sont optimales, attire aussi des détenteurs de fonds non-professionnels dont le seul souci est de générer du cash dans des délais relativement court.
Concernant l’effondrement des prix du poulet, ME mat en garde contre une vague de départs d’éleveurs qui provoquerait, à moyen terme, « une chute drastique de l’offre locale, inéluctablement suivie d’une nouvelle flambée des prix ». Ces jours derniers, une grande partie des aviculteurs déclarent avoir subi des pertes importantes, en sus des crédits bancaires à payer et des charges incompressibles liées à l’énergie et à l’alimentation. Face à une telle conjoncture, la menace de faillite pèse lourdement sur les aviculteurs.
Par : Akram Ouadah








