Les routes restent particulièrement dangereuses pour les jeunes usagers, malgré une légère amélioration de l’accidentalité au cours des huit premiers mois de l’année. Leur forte présence parmi les victimes, comme celle des motocyclistes, remet au premier plan la question des comportements à risque et de la prévention.
Avec 1 044 décès et 14 035 blessés recensés en huit mois parmi les moins de 29 ans, les jeunes restent particulièrement exposés sur les routes. La tranche des 18-29 ans arrive ainsi en tête des statistiques établies par la Délégation nationale à la sécurité routière pour la période allant de janvier à août 2026. Elle concentre 7 965 accidents corporels, soit 33,49 % du total enregistré durant ces huit mois. Cette forte présence dans les statistiques donne une dimension particulière au bilan, alors que les jeunes figurent également parmi les principales victimes des accidents de la circulation. Les 1 044 décès et 14 035 blessés recensés chez les moins de 29 ans montrent que l’amélioration générale des indicateurs ne suffit pas à réduire leur exposition. La prévention auprès des jeunes conducteurs et usagers apparaît ainsi comme un enjeu central, notamment autour des comportements susceptibles de transformer une situation à risque en accident.
Les deux-roues particulièrement exposés
Les motocyclistes constituent une autre catégorie fortement exposée. Les conducteurs de deux-roues ont été impliqués dans 6 552 accidents corporels, soit 27,55 % du total. Cette proportion est d’autant plus significative que les motocyclettes ne représentent que 6,55 % du parc automobile national. Leur vulnérabilité tient notamment à l’absence de protection qu’offre l’habitacle d’un véhicule, ce qui alourdit les conséquences des collisions. Derrière ces chiffres se retrouve surtout le facteur humain. Le manque de prudence et de vigilance constitue la première cause recensée, avec 12,62 % des cas, devant l’excès de vitesse, à 11,99 %. Le manque d’attention des piétons intervient pour sa part dans 7,23 % des accidents. Des comportements qui prennent une importance particulière chez les jeunes usagers, pour lesquels la sensibilisation aux risques et au respect des règles demeure déterminante.
Pour autant, le bilan général fait apparaître une évolution légèrement favorable. Au cours des huit premiers mois de l’année, 18 297 accidents corporels ont été enregistrés à l’échelle nationale, soit 89 de moins qu’à la même période de 2025. Le nombre de décès a reculé de 71 cas et celui des blessés de 511. Une baisse qui reste toutefois fragile au regard du niveau de l’accidentalité et du lourd tribut payé par les jeunes.
Ces données ont été rendues publiques dans le cadre du lancement d’une campagne nationale d’information et de sensibilisation consacrée aux dispositions du nouveau Code de la route. Au-delà de la présentation des nouvelles règles, l’enjeu est de faire évoluer durablement les comportements, particulièrement auprès des catégories les plus exposées. La baisse enregistrée cette année ne doit donc pas masquer les fragilités persistantes. Tant que les jeunes continueront de payer un prix aussi élevé sur les routes, la prévention devra dépasser le simple rappel des règles pour s’attaquer aux comportements qui exposent le plus directement à l’accident.
Par : Aly D












