Longtemps associés au divertissement, à la mode ou aux voyages, les influenceurs algériens sont de plus en plus nombreux à mettre leur notoriété au service des plus démunis.
Grâce à des communautés parfois fortes de plusieurs centaines de milliers d’abonnés, ils sont devenus des intermédiaires entre les citoyens en difficulté et des donateurs prêts à agir. Une solidarité numérique qui, bien souvent, produit des résultats concrets.
Le principe est simple : une famille qui occupe un logement insalubre, un malade qui ne peut financer son traitement, une personne âgée vivant dans des conditions précaires ou un enfant ayant besoin d’un fauteuil roulant. En quelques minutes, une vidéo est publiée sur les réseaux sociaux. Les abonnés relaient l’information, proposent leur aide ou effectuent des dons. En quelques heures, les fonds sont parfois réunis et les besoins couverts. Ces influenceurs ne se contente pas d’aider. Souvent ils permettent aussi a des femmes rencontrées de créer leur propre source de revenus, par la don d’une machine à coudre par exemple
Parmi les figures les plus engagées figure Kimo, de son vrai nom Ahmed Noui. Cet influenceur franco-algérien a fait de la solidarité un axe majeur de son activité sur les réseaux sociaux. En relayant des situations de détresse et en mobilisant sa communauté, il parvient à réunir rapidement les fonds nécessaires pour financer des soins médicaux, des équipements adaptés ou répondre à des besoins urgents. L’une de ses actions les plus marquantes a permis de venir en aide à Adlène, un jeune Algérien atteint de paraplégie, grâce à une collecte qui a financé un fauteuil roulant électrique, un lit médicalisé, un matelas orthopédique et plusieurs équipements destinés à améliorer son quotidien.
Autre visage de cette solidarité connectée, « Phénomén » a choisi de préserver son anonymat en apparaissant toujours le visage dissimulé sous un casque. Ses vidéos le montrent parcourant les quartiers populaires pour venir en aide à des familles en grande difficulté. Il règle des dettes auprès d’épiceries de quartier, distribue des aides financières, finance des achats de première nécessité ou lance des appels à sa communauté afin de répondre à des situations d’urgence. Son identité importe finalement moins que l’élan collectif qu’il parvient à susciter autour de chacune de ses initiatives.
Cette nouvelle forme d’entraide repose avant tout sur la confiance. Les abonnés donnent parce qu’ils suivent quotidiennement ces créateurs de contenu et ont le sentiment de connaître leur engagement. Les vidéos montrant l’aboutissement des collectes ou la remise des aides renforcent cette crédibilité et encouragent de nouvelles contributions. Les réseaux sociaux deviennent ainsi un véritable réseau de solidarité, capable de mobiliser des centaines, voire des milliers de personnes en quelques heures.
Ce modèle n’est toutefois pas exempt de critiques. Certaines opérations soulèvent des interrogations sur le respect de la dignité des bénéficiaires, souvent filmés dans des moments de grande vulnérabilité. D’autres observateurs rappellent la nécessité d’assurer une totale transparence dans la gestion des sommes collectées afin de préserver la confiance du public. À ces réserves s’ajoute le risque de voir certaines situations individuelles bénéficier d’une forte visibilité quand d’autres, moins médiatisées, restent dans l’ombre.
Malgré ces limites, le phénomène prend de l’ampleur. Les réseaux sociaux ne servent plus seulement à divertir ou à promouvoir des produits : ils deviennent aussi un espace de mobilisation citoyenne où quelques minutes de vidéo peuvent transformer le quotidien d’une famille. Sans se substituer au travail des associations ni aux dispositifs de solidarité institutionnels, ces influenceurs donnent une nouvelle dimension à l’entraide en créant un lien direct entre les donateurs et ceux qui en ont le plus besoin.
Par : Aly D











