Dans une longue interview accordée, hier, à la presse régionale, le premier ministre français, Sébastien Lecornu, qui réaffirme ne pas être candidat à l’élection présidentielle, s’est longuement exprimé sur plusieurs dossiers sensibles, au premier rang desquels la politique migratoire. Il a, en effet, affiché sa volonté d’accélérer les réformes, notamment en matière de visas, de titres de séjour et de relations avec les pays d’origine des migrants.
L’un des chantiers prioritaires concerne la modernisation des services de délivrance des titres de séjour. Sébastien Lecornu dénonce une « préhistoire numérique » au sein de l’administration. Autre axe central de la nouvelle démarche Lecornu : reprise de négociations bilatérales avec les 24 pays dont la France accueille le plus grand nombre de ressortissants, hors tourisme.
Dans ce cadre, la renégociation de l’accord franco-algérien de 1968 est jugée « urgente » par le Premier ministre. Emmanuel Macron devrait, selon lui, prendre des initiatives sur ce dossier dans les prochaines semaines.
Il n’en n’a pas donné pour autant une échéance précise pour ces initiatives présidentielles. En affichant sa volonté de reprendre la main sur la politique migratoire, Sébastien Lecornu remet ainsi au centre du débat un dossier aussi sensible à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières françaises. Si le Premier ministre insiste sur la modernisation administrative et l’efficacité des procédures, c’est bien la relation avec l’Algérie qui apparaît comme le point le plus délicat — et le plus stratégique — de cette nouvelle séquence politique.
En qualifiant la renégociation de l’accord de 68 « d’urgente », Lecornu prend cependant le risque d’un nouveau bras de fer diplomatique avec l’Algérie, alors même que les relations bilatérales restent fragiles, marquées par des tensions mémorielles, des différends sur les expulsions et une coopération fluctuante sur les questions sécuritaires. Les initiatives annoncées d’Emmanuel Macron dans les prochaines semaines seront donc scrutées de près, tant à Paris qu’à Alger, où toute remise en cause de l’accord de 1968 sera perçue comme un signal politique fort, voire hostile.
Par : Akram Ouadah










