À Biskra, la réfection de quelques espaces verts, habilement mise en avant par les services de la wilaya, ressemble de plus en plus à une manœuvre de diversion destinée à masquer une gestion pour le moins discutable des priorités urbaines. Tandis que l’on s’emploie à donner un coup de peinture cosmétique aux jardins publics, les véritables préoccupations des citoyens restent reléguées au second plan, sinon totalement ignorées.
En effet, la récurrence d’interventions inutiles sur les trottoirs, dont certaines sont arrachées puis aussitôt reconstruites, sans qu’aucune détérioration antérieure n’ait justifié une telle opération, soulève de vives interrogations. Pourquoi dilapider les deniers publics dans de telles actions superficielles, alors même que les quartiers de la ville souffrent d’un abandon manifeste? Ce paradoxe ne peut être éludé, d’autant plus que ces travaux, dont la pertinence est loin d’être démontrée, semblent obéir à une logique opaque, échappant à tout contrôle citoyen ou institutionnel transparent.
À ce sujet, l’installation d’un prétendu «Comité de veille», censé superviser et alerter sur les dysfonctionnements urbains depuis mars dernier, n’a jusqu’à présent rien apporté de concret. Ce comité, qui devait représenter une avancée en matière de gouvernance participative, s’est révélé, à l’épreuve du terrain, aussi silencieux qu’inefficace. Depuis sa création, les habitants ne constatent aucune amélioration palpable dans la gestion de leur cadre de vie. Bien au contraire, les doléances s’accumulent, fuites d’eau récurrentes, regards défoncés transformés en pièges urbains, chaussées défoncées, et une multitude d’autres désagréments qui compromettent gravement la sécurité et la qualité de vie dans les différents quartiers.
Il est aujourd’hui difficile de ne pas percevoir un décalage criant entre les préoccupations affichées par les autorités locales et les réalités vécues quotidiennement par les citoyens. Car, pendant que l’on inaugure à grand renfort de communication la rénovation d’un parterre fleuri ou d’un square fraîchement repeint, les habitants, eux, continuent d’enjamber les flaques provoquées par des canalisations percées et d’éviter les trottoirs minés par des plaques d’égout manquantes.
Ce contraste, lourd de sens, remet profondément en cause la pertinence des choix stratégiques opérés par les responsables en place. Il révèle surtout un profond malaise, celui d’une ville dont les priorités semblent définies davantage par une volonté d’affichage que par une écoute réelle des besoins de sa population. Il serait temps, pour les autorités concernées, de réorienter leurs efforts vers des actions concrètes, utiles et urgentes, en accord avec les attentes légitimes des citoyens, avant que ne s’installe un sentiment irréversible de rupture entre la population et ses représentants.
Par : N.BENSALAH










