Le Code de la route ne se résume pas à une liste d’interdictions et de sanctions. Sa connaissance peut surtout faire la différence entre une manœuvre maîtrisée et un accident.
C’est sur ce terrain de la prévention qu’une campagne nationale d’information a été lancée samedi à Alger. Prévue jusqu’au 31 décembre, elle vise à mieux faire connaître les règles de circulation et, surtout, à encourager des comportements capables de réduire les situations à risque. Cette opération entend toucher l’ensemble des usagers, conducteurs comme piétons. L’objectif n’est donc pas seulement d’expliquer les nouvelles règles ou de rappeler les infractions passibles de sanctions. Il s’agit aussi de faire comprendre ce qui se joue derrière chaque règle : une priorité respectée, une vitesse réduite à temps ou une attention maintenue à une intersection peuvent éviter une collision.
La prévention prend tout son sens lorsque le danger n’est pas encore là. Or, certains comportements finissent par paraître anodins à force d’être répétés : accélérer sur une courte distance, effectuer une manœuvre précipitée, consulter son téléphone, franchir une intersection sans suffisamment ralentir ou considérer le port des équipements de protection comme secondaire. C’est précisément sur ces habitudes que la sensibilisation peut avoir un rôle à jouer, en rappelant que l’accident est souvent la conséquence d’une succession de petites prises de risque.
Cette approche doit également accorder une place particulière aux jeunes. Ceux qui commencent à conduire sont encore en train de construire leurs réflexes et leur rapport au risque. La connaissance du Code ne devrait donc pas s’arrêter à l’apprentissage nécessaire pour obtenir le permis. Elle doit progressivement devenir une manière de se comporter sur la route, avec la capacité d’anticiper, de ralentir lorsque la situation l’impose et de tenir compte des erreurs possibles des autres usagers.
La question est particulièrement sensible pour les conducteurs de deux-roues. Moins protégés que les occupants d’une voiture, les motocyclistes et autres usagers de véhicules à deux roues peuvent être lourdement exposés lors d’une chute ou d’une collision. Chez les plus jeunes, la prévention doit ainsi insister sur la maîtrise de la vitesse, le respect des distances, la vigilance aux intersections et l’importance des équipements de protection. Elle doit aussi rappeler qu’un comportement prudent ne protège pas uniquement celui qui conduit, mais réduit également les risques pour les autres.
La campagne doit ainsi dépasser la seule transmission d’informations sur la réglementation. Pour être efficace, la prévention doit parvenir à modifier des réflexes installés et à rendre la prudence presque automatique. La mobilisation de plusieurs secteurs et organismes jusqu’au 31 décembre doit permettre de multiplier ces actions et de rapprocher le discours de prévention des réalités de la circulation quotidienne. Car connaître une règle et l’appliquer sont deux choses différentes. Entre les deux se joue une part essentielle de la sécurité routière : celle des comportements.
Par : A.D












