Le centre culturel islamique, Ahmed Hamani, de Jijel, a abrité jeudi dernier une journée de sensibilisation à l’autisme qui a regroupé des professionnels de la prise en charge des enfants autistes, mais aussi une forte participation des parents. Le thème retenu pour cette rencontre, fort animée, organisée par la direction de l’action sociale et de la solidarité, DASS, avait trait à la prise en charge psychologique, sanitaire et sociale de l’enfant et de l’adolescent autistes.
C’était une occasion pour nombre de participants d’exposer certains écueils auxquels ils sont confrontés, que ce soit au niveau des établissements spécialisés pour certains, ou à la maison et dans la rue, pour les parents. Les débats modérés par Melle Merimeche, cheffe de service à la DASS, ont été menés par des spécialistes comme Hanane Sassi, la directrice du centre psychopédagogique pour enfants handicapés mentaux de Taher, Siham Ounar, conseillère principale dans l’orientation, l’évaluation et l’intégration professionnelles, le psychologue clinicien, Yacoub Cheraïtia et enfin, la Dr Mina Brahimi, chirurgien-dentiste, qui ont éclairé les participants, composés essentiellement de familles d’enfants autistes.
Les parents ont posé des questions pertinentes, que ce soit sur la pratique sportive ou sur les effets de l’alimentation, surtout avec le foisonnement de données, parfois contradictoires, publiées sur le Net. Les conseils versaient dans le sens d’une responsabilisation de cet enfant atypique pour l’aider à être indépendant et d’énoncer dans la foulée que « nous sommes tous des autistes à des degrés différents. » Des appels ont été aussi lancés pour joindre les efforts des établissements à ceux des parents pour améliorer la prise en charge, principalement celle dédiée aux adolescents.
Cette journée de sensibilisation, comme nous le dira Melle Merimeche, vise à donner une image globale sur la prise en charge de l’enfant autiste et les projets y afférents. Elle remarquera, tout comme beaucoup d’intervenants dans la salle, qu’actuellement la prise en charge existante est beaucoup plus réservée à l’enfant qu’à l’adolescent, une frange qui a suscité moult questionnements de la part des parents inquiets pour le devenir de leur progéniture. Notre interlocuteur nous affirmera qu’on « essaie d’attirer l’attention de tous les intervenants pour trouver des solutions pour cette population d’enfants ».
Elle reviendra aussi sur une affirmation revenue comme un leitmotiv lors de cette rencontre, soulignant que l’autiste est un enfant différent et de préciser, qu’il n’est pas un handicapé avant d’insister sur son acceptation tel qu’il est, son respect avec ses capacités, ses spécificités et ses problèmes. Enfin, elle conclura en disant que tout comme l’arc-en-ciel, il y a beaucoup plus d’autistes que d’autismes, avec autant de degrés, et d’expliquer que le problème fondamental est relationnel, avant tout autre chose.
Par : Fodil S.










