Le tribunal de Sidi M’Hamed examine, ce mercredi, une lourde affaire de corruption, de fraude fiscale et de blanchiment d’argent impliquant 33 accusés. Ils sont poursuivis pour fausses déclarations, sous-évaluation systématique de factures et réutilisation illicite de licences ALGEX.
Le Pôle pénal économique et financier près le tribunal de Sidi M’Hamed (Alger) ouvrira, aujourd’hui, le dossier d’un vaste réseau de corruption, de fraude fiscale et de blanchiment d’argent lié à des opérations frauduleuses d’importation de vêtements et de chaussures dites « Chouwala » depuis la Chine et la Turquie.
Le principal accusé dans cette affaire, l’homme d’affaires dénommé R. B., propriétaire de six entreprises comparaîtra aux côtés de 32 autres coaccusés devant la troisième chambre du Pôle pénal, rapporte le site du quotidien Echorouk.
Le prévenu se trouve actuellement en détention provisoire à l’établissement pénitentiaire de Koléa. L’affaire s’inscrit, selon la même source, dans le cadre de la mise en œuvre des directives du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à lutter fermement contre les fausses déclarations commerciales, la fuite des capitaux et les atteintes à l’économie nationale.
Selon les éléments de l’enquête menée par la Brigade centrale de lutte contre la criminalité économique et financière, le réseau s’adonnait à des pratiques frauduleuses dites de « Chouwala » (fret de marchandises à grande échelle).
Aussi, les mis en cause réduisaient systématiquement le montant des factures d’importation afin de contourner le Trésor public, d’échapper à l’impôt et de réutiliser à de multiples reprises les licences d’importation délivrées par l’ancienne agence « ALGEX ».
Complicités
Par ailleurs, les investigations ont révélé des complicités au niveau de plusieurs enceintes portuaires, notamment dans l’ouest du pays (Oran et Mostaganem) ainsi qu’à Djendjen et Annaba, où des facilités douanières étaient accordées pour altérer la valeur réelle des déclarations.
Selon Echrouk, l’expertise financière sollicitée auprès de la Banque d’Algérie a mis en évidence des anomalies majeures dans les opérations de domiciliation bancaire effectuées entre 2021 et 2025 auprès de la Banque Al Baraka et de la Housing Bank for Trade and Finance.
En outre, les vérifications menées par la Direction des impôts de la wilaya de Blida sur la période 2022-2024 ont confirmé l’usage de prête-noms, l’établissement de fausses factures avec des commerçants fictifs et le recours à des individus inscrits au Fichier national des auteurs d’agissements frauduleux (FNAIF).
A préciser que les 33 accusés répondent de lourds chefs d’inculpation, notamment fraude fiscale par manœuvres frauduleuses, falsification et complicité de faux en écritures commerciales, infraction à la législation des changes et blanchiment d’argent.
Par : Akram Ouadah












