Des habitants de la localité de R’mila, dans la commune de Bouraoui Belhadef, se sont rassemblés devant le siège de la daïra d’El Ancer (wilaya de Jijel). L’objectif affiché par les participants était d’apporter leur soutien à cinq membres de la famille Zaït, placés en détention provisoire dans le cadre d’une enquête sur des départs de feu, et d’appeler à leur libération.
Selon les organisateurs de ce rassemblement, cette initiative visait à solliciter l’intervention des plus hautes autorités de l’État, notamment le président de la République. Les cinq mis en cause ont été placés sous mandat de dépôt le 10 septembre dernier par le juge d’instruction près le Pôle pénal national spécialisé du tribunal de Sidi M’hamed, dans l’attente des suites de la procédure.
Cette manifestation intervient après la publication d’un communiqué du parquet près le Pôle pénal national de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée transnationale. Ce dernier récapitule l’incarcération de neuf personnes au total pour des faits d’incendie volontaire ayant touché le domaine forestier de la wilaya.
Dans ce dossier précis, la justice reproche à Mohamed El-Arabi Zaït, Zakaria Zaït, Ismaïl Zaït, Boubaker Zaït et Ayoub Zaït d’être impliqués dans un départ de feu près d’un verger à Mechta R’mila.
Au cœur de l’accusation figure un enregistrement vidéo diffusé sur les réseaux sociaux, dans lequel les suspects se sont filmés en face des flammes en train de rire et de proférer la formule « Hamra bi-idhnillah » (Elle sera rouge -ravagée par les flammes-, si Dieu le veut) — une expression détournée d’un slogan de reboisement bien connu en Algérie.
Pour l’accusation, cette séquence constituerait un élément à charge démontrant une intention criminelle ou une revendication des faits
Sur le plan juridique, le parquet indique que les suspects font l’objet d’une instruction pour des qualifications criminelles : actes de sabotage menaçant la sécurité des personnes et des biens, et incendie volontaire de forêts domaniales, en vertu de l’article 87 bis du Code pénal et de l’article 138 de la loi sur le patrimoine forestier. À l’issue de leurs auditions, le juge d’instruction a ordonné leur placement en détention provisoire.
De leur côté, les proches et manifestants présentent une version divergente des événements. Ils affirment que les mis en cause auraient au contraire participé aux opérations d’extinction aux côtés des services des forêts, de la Protection civile, de l’élu local et d’autres citoyens. Tout en affirmant le respect des institutions, les familles rejettent les charges retenues et soutiennent que les prévenus tentaient de circonscrire l’incendie, s’en remettant désormais au déroulement de l’enquête judiciaire pour établir les faits.
Par : Amina A.












