Des véhicules de différentes marques, avec une immatriculation chinoise (provisoire), se sont fait de plus en plus nombreux sur les routes algériennes.
Si, dans certains cas, c’est des particuliers qui procèdent à l’importation de véhicules, depuis la Chine, avec le temps, des réseaux intermédiaires se sont constitués, le créneau étant bien entendu très lucratif, et ont commencé à faire des achats «groupés».
C’est ce qui a, d’ailleurs, fait réagir et le ministère du Commerce extérieur et la direction générale des douanes (DGD) qui, dans un communiqué conjoint, ont rappelé que «l’importation de voitures de tourisme de moins de trois (3) ans demeure exclusivement réservée aux citoyens résidents, une fois tous les trois ans, et non aux entreprises, quelle que soit la nature de leur activité ou leur forme juridique».
Or, les importations depuis la Chine se font aussi pour ce qui est du «véhicule neuf», quoi que les autorités chinoises ont mis en lumière, il y a quelques semaines, des procédés «illégaux» consistant à faire circuler un véhicule en chine pendant quelques semaines, après sa sortie d’usine, afin de l’expédier vers l’étranger, comme étant un véhicule d’occasion, bénéficiant ainsi, des avantages fiscaux que les réglementations prévoient.
A cet effet, les annonces d’ «intermédiaires» proposant leurs services pour faire expédier en Algérie, depuis la Chine, des véhicules, sont de plus en plus nombreuses sur les réseaux sociaux, notamment sur «Tiktok».
Des prix attractifs sont ainsi proposés pour différents modèles, fabriqués en Chine, de marque européennes, américaines ou autres.
‘’Le marché a … horreur du vide’’
Mais, ce qui a fait que cette «filière» se développe en un laps de temps assez court, c’est la «pénurie» que connaît le marché algérien, les concessionnaires autorisés à importer étant peu nombreux, ceci alors que les quotas qui leurs sont délivrés sont réduits.
Une raréfaction de l’offre qui fait que les citoyens tentent de se débrouiller tant bien que mal pour s’offrir un véhicule neuf à un prix «intéressent» et c’est ce qui permet l’apparition de réseaux d’intermédiaires facilitant l’acheminement de ces véhicules depuis la Chine, les acheteurs ne pouvant pas se déplacer jusqu’à Pékin pour l’achat d’un véhicule.
D’autant plus que pour réduire les frais de livraison (le fret), ces intermédiaires procèdent à des achats groupés (plusieurs véhicules par conteneur).
Une situation qui selon toute vraisemblance va s’estomper d’ici peu, puisqu’en plus de ce «rappel» du ministère algérien du Commerce, les autorités chinoises avaient pris des mesures allant dans le sens d’un contrôle plus rigoureux des exportations chinoises de véhicules.
Ainsi, dans un avis daté du 11 novembre dernier, le ministère chinois du Commerce a indiqué qu’« à compter du 1er janvier 2026, pour les véhicules dont l’exportation est demandée et dont la date d’immatriculation est inférieure à 180 jours, les services du commerce locaux devront inciter les entreprises locales à fournir une –Confirmation de service après-vente– délivrée par le constructeur », soulignant que « cette confirmation devra mentionner le pays d’exportation, les informations relatives au véhicule et les coordonnées des points de service après-vente, et porter le cachet officiel du constructeur ».
Des mesures qui visent à lutter, entre autres, contre l’« absence de prestation des services après-vente », « les informations mensongères concernant l’état du véhicule, la non-exécution des obligations de garantie de qualité, et refus de se soumettre à la supervision des autorités gouvernementales », ainsi que contre « la falsification, altération ou utilisation de documents tels que le Certificat d’immatriculation de véhicule à moteur, le Certificat de radiation de véhicule à moteur ou le Certificat de confirmation de service après-vente », avait mentionné le même avis.
Ainsi, il semble que l’on se dirige vers la fin de cette «filière» chinoise qui a comblé, pendant un moment, un manque qui, bien entendu, a profité à certains réseaux.
Mais il ne faut jurer de rien! Le système D et le sens de la débrouille par contournement des lois, est une ‘’marque déposée’’ chez certains de nos compatriots qui ont eu à prouver à maintes reprises qu’ils étaient ‘’solubles’’ dans les decisions à l’emporte pièce de l’administration. Le ministère du commerce extérieur, ayant pour sa part, montré les limites d’une stratégie qui a pour seul atout l’incohèrence.
Par : Elyas Abdelbaki






