Dans une vidéo diffusée sur Tik Tok, le jeune homme s’est présenté sous les traits d’une femme en se faisant passer pour une procureure près le tribunal d’El Harrach.
Les conséquences d’une utilisation inappropriée des réseaux sociaux sont souvent désastreuses. Après la diffusion, récemment, d’une vidéo virale montrant une prétendue procureure de la République menaçant des délinquants et autres dealers, la machine judicaire s’est mise rapidement en branle. En effet, le tribunal d’El Harrach a ouvert, lundi, une enquête judiciaire contre un jeune homme de 28 ans, dénommé H. Mehdi, après qu’il soit apparu dans cette vidéo au contenu inhabituel.
Dans cette vidéo diffusée sur Tik Tok, le jeune homme s’est présenté sous les traits d’une femme en se faisant passer pour une procureure près le tribunal d’El Harrach. Il s’adresse, dans cet enregistrement, au public et menace toute personne qui vend de la drogue ou porte une arme blanche d’une peine de 10 à 30 ans de prison si, par malheur, elle tombe entre ses mains. Sur un ton sarcastique et moqueur, il avertit les agresseurs munis d’armes blanches qu’elle leur « tatouerait le dos ».
La vidéo et son contenu ont suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux et l’auteur a été largement critiqué pour avoir usurpé l’identité d’une profession réglementée et s’en être moqué, ce qui a été considéré comme une insulte à l’autorité judicaire. Suite à quoi, les services de police judiciaire de la localité de Baraki (Alger) ont ouvert une enquête sur instruction du tribunal d’El Harrach et ont réussi à identifier l’auteur du contenu de la vidéo.
Après investigations, il s’est avéré qu’il ne s’agissait pas d’une jeune fille, mais d’un jeune homme de 28 ans qui a utilisé un filtre pour se faire passer pour une femme. La vidéo a été tournée dans une usine de fabrication de produits alimentaires avec l’aide d’une de ses collègues de travail, a révélé l’enquête.
Un an de prison ferme
Interpellés, les deux suspects ont été déférés devant le procureur de la République près le tribunal de El Harrach, qui les a entendus sur le contenu de la vidéo.
Jugés en vertu de la procédure de comparution immédiate, le jeune accusé a nié les accusations portées contre lui et a déclaré qu’il avait l’habitude d’imiter des personnalités et de camper des rôles sur Tik Tok. D’après lui, le fait d’imiter la procureure de la République était une plaisanterie inspirée de scènes comiques de la série humoristique « Nas Malah City », son choix était non intentionnel et que la publication de la vidéo était spontanée. Dans son réquisitoire le représentant du ministère public a requis une peine de 5 ans de prison ferme assortie d’une amende de 500 000 dinars contre l’accusé « H. Mehdi » et trois ans de prison à l’encore de sa co-accusée.
Après délibération, le tribunal a prononcé une peine d’un an de prison et 100 000 dinars d’amende à l’encontre de l’accusé principal, avec mandat de dépôt à l’audience, et deux mois de prison avec sursis à l’encontre de la co-accusée.
Par : Akram Ouadah









