Par : Hamid Baali
La paupérisation a frappé de plein fouet des pans entiers de notre société et particulièrement les retraités qui s’estiment livrés à eux-mêmes en ces temps de vaches maigres. Les seniors éprouvent toutes les peines du monde à boucler le budget familial car la cherté de la vie s’est imposée dans notre vie quotidienne et chacun s’évertue à faire bouillir la marmite de la maisonnée selon des moyens financiers foncièrement dérisoires ! A la demande de quelques retraités qui ont sollicité notre journal, nous avons essayé d’effectuer un petit reportage sur les chibanis.
Un retraité de l’éducation nationale, ancien directeur d’école au chef-lieu de wilaya, saisit cette opportunité pour déverser son ras-le-bol : ” J’ai consacré ma vie à l’enseignement que j’avais choisi par vocation et ma satisfaction morale est d’avoir formé des générations de mon pays ! Mes anciens élèves, devenus des adultes, des salariés, voire des cadres, me vouent du respect et de la reconnaissance et j’éprouve une profonde satisfaction lors de nos rencontres. Cependant, après 38 ans de bons et loyaux services dans ce secteur, je suis à la retraite depuis une vingtaine d’années et je ne perçois mensuellement que 43.400 dinars ! J’effectue une gymnastique pour régler les charges du loyer, de Sonelgaz, de l’ ADE , d’Algérie Poste , remplir un tant soit peu le couffin, subvenir aux frais de santé de mon épouse et de moi-même , acheter un journal et m’offrir un café en ville ! Croyez-moi, je compte mes sous chaque jour dans l’attente du versement de ma prochaine pension ! Est-il concevable que cette dernière soit amputée chaque mois de la somme de 4.685 dinars au titre de l’IRG, impôt sur le revenu global, alors que des professions libérales sont nettement moins imposées que les retraitées ? ” .
Salah, un septuagénaire, ancien salarié au niveau de la municipalité de Guelma, s’estime lésé en dépit de 37 ans de service dans cette administration. Il déclare : ” Je ne perçois que 27.800 dinars par mois et je subviens aux besoins d’une famille de cinq personnes ! Le poisson, les viandes rouges et blanches, les fruits de saison ne sont pas à ma portée et malgré une envie que je traîne depuis longtemps, il m’est impossible d’acheter un kilogramme de sardines à 900 dinars ! Mes impôts sont retenus à la source et je souffre le martyre pour acheter le strict minimum ! ” .
Abdelhamid, un sexagénaire, ayant travaillé toute sa carrière en qualité de coiffeur, exprime sa détresse car, selon ses dires, la CASNOS, a commencé à lui verser sa pension dès qu’il a bouclé 65 ans. Ce grand-père nous confie : ” Je touche chaque mois une pension de 24.700 dinars, c’est dérisoire ! Fort heureusement mes deux enfants majeurs et salariés, me versent chacun, chaque fin de mois un pécule de 5.000 dinars qui me permet d’équilibrer mon budget familial. Il est primordial que nos responsables sachent que nous galérons pour nourrir nos familles qui sont cependant privées de denrées indispensables ! “.
D’autres interlocuteurs à la santé déclinante, nous exposent leur mal-vie et leur inquiétude face au silence affiché par le gouvernement qui n’a pas honoré ses engagements puisque la valorisation obligatoire des pensions et retraites n’a pas été appliquée le 1er mai 2021 au grand désarroi de plus de trois millions de retraités et ayants-droits. Le silence affiché par les pouvoirs publics commence à susciter la colère de ces derniers. Un ancien employé dans le secteur public nous relate : ” Nous ne renoncerons pas à nos droits légitimes garantis par la Constitution et nous exigeons la revalorisation avec effet rétroactif de nos retraites et la mise en application des engagements du président de la République qui avait annoncé dernièrement une diminution conséquente de l’ IRG pour permettre aux familles de vivre décemment ! ” .










