
Les députés ont adopté, lundi, le projet de loi modifiant et complétant la loi n°04-18 relative à la prévention contre les stupéfiants et les substances psychotropes, ainsi qu’à la répression de leur usage et de leur trafic illicites.
Le texte introduit des dispositions nouvelles portant sur les volets préventif, thérapeutique et coercitif, en réponse aux effets néfastes de la drogue sur la santé publique, la sécurité et l’ordre publics. Il vise également à renforcer la protection de la sécurité nationale face aux menaces liées à l’usage et au trafic de substances illicites, en mettant l’accent sur le traitement des déséquilibres sociaux induits, la sensibilisation, la coordination entre institutions et la sécurisation des établissements éducatifs et de formation.
Parmi les mesures prévues, la loi impose aux candidats aux concours de recrutement dans les institutions publiques, parapubliques et privées, de fournir des tests médicaux négatifs aux substances ou comprimés psychotropes. Elle permet également d’introduire, avec l’accord des tuteurs légaux ou du juge des mineurs, des examens médicaux périodiques incluant des tests de dépistage dans les écoles et centres de formation, afin de détecter la toxicomanie à un stade précoce.
La Commission des affaires juridiques et administratives et des libertés a salué les objectifs du texte, considérant qu’il offre des outils concrets pour mieux lutter contre les stupéfiants et protège les citoyens contre la criminalité liée à ce fléau social.
La justice mobilisée pour protéger la société
Prenant la parole après l’adoption du texte, le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaa, a assuré que « la justice n’hésitera pas un seul instant à imposer l’autorité de la loi et à prendre toutes les mesures pour assurer le suivi rigoureux de la protection des droits de la société et des individus contre ce fléau et contre toute atteinte aux droits constitutionnels et légaux du citoyen ». Il a mis en garde contre les agressions visant les mineurs ou les personnes vulnérables, et affirmé que les auteurs seront poursuivis par les voies légales les plus strictes.
Le ministre a insisté sur la portée globale et intégrée de ce texte, qui repose sur une triple approche – préventive, thérapeutique et répressive – en tenant compte des atteintes possibles à la santé publique, à la sécurité et à l’intégrité des personnes. Il a également souligné que le projet de loi propose des mécanismes renforcés permettant à la justice de remonter aux origines des biens des personnes soupçonnées, avec possibilité de confiscation et de sanctions graduées pouvant aller, selon la gravité des faits, jusqu’à la peine capitale.
Le président de l’APN, a pour sa part salué l’action déterminante de l’ANP et des forces de sécurité, qu’il a qualifiées de « bouclier face à ce phénomène », mettant en échec les tentatives visant la jeunesse et la stabilité nationale. Il a appelé à la mobilisation collective pour préserver la cohésion sociale, en insistant sur l’importance de la « culture du signalement » comme premier rempart contre les dérives liées à la drogue.
Par : S. A. B.










