Par : A.Ighil
La ville d’Annaba offre aujourd’hui un aspect des plus désolants. La saleté et les tonnes d’ordures dans les coins de rues sont légion. Mais ce qui a aggravé cette situation dans une ville qui a perdu tout son attrait, c’est le retour de cette armada de charrettes à bras des fruits et légumes et des vendeurs à la sauvette des toutes sortes d’ustensiles et de vêtements. Dès les premières heures de la journée, ces vendeurs squattent plusieurs artères du rond- point d’El Hattab, de la rue Ibn Khaldoun (Gambetta), Larbi Tébessi (Bouscarin), la Colonne, cité El Abtal. Ces innombrables étals à même le sol et parfois sur la chaussée donnent l’image d’un immense bazar à ciel ouvert. Les riverains souffrent le martyre de ces nuisances au quotidien sans qu’aucune autorité ne trouve à redire, ce qui fera réagir l’un d’entre eux en disant : « Nous avons la présence des policiers en faction au niveau du rond- point, mais j’ai l’impression qu’ils ont reçu des instructions pour ne pas intervenir ». Alors que les saisies se font de plus en plus rares et ces « commerçants » venus parfois des wilayas voisines investissent les lieux sans qu’ils ne soient nullement inquiétés. À l’insalubrité de l’endroit, s’ajoute le comportement indécent et souvent violent à l’encontre de leurs clients. « Ils imposent leur loi sans que personne ne trouve à redire », nous dira un habitant de la rue Larbi Tébessi. Et d’ajouter d’un ton excédé : « Je n’ai même pas le droit de stationner mon véhicule devant chez moi, car c’est un trottoir réservé à l’étalage de leurs marchandises sur plusieurs mètres ». Par ailleurs, les nombreux automobilistes doivent slalomer pour se frayer un chemin et gare à celui qui ose rechigner. Une situation qui prend des proportions inquiétantes et qui doit permettre aux services de sécurité de mettre un terme à cette anarchie. Et pourtant, il y a une dizaine d’années et, afin de désengorger le centre-ville et sa périphérie, il a été décidé de réaliser un certain nombre de marchés à coups de milliards. Ils ont été boudés et aujourd’hui en état d’abandon, à l’image de celui de Bouzered Hocine, de la cité Elysa, Plaine Ouest et Oued Forcha. Il est grand temps que les pouvoirs publics redonnent vie à Ces espaces commerciaux et mettent fin au commerce informel qui gangrène Annaba, une ville qui a perdu depuis longtemps sa coquetterie.








