Il n’y a pas de doute que les autorités de la wilaya de Jijel sont préoccupées par l’état de dégradation de la ville d’El Milia, attendant, toutefois cet été, des projets d’aménagement, et auxquels elles réservent une attention particulière. La situation reste encore plus préoccupante dans cette cité au passé révolutionnaire glorieux.
Dans ses multiples interventions depuis son élection le 12 décembre 2019, le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, a fait de l’Algérie nouvelle son cheval de bataille pour en réaliser un modèle de développement et de prospérité. Sauf que ce modèle est loin d’être acquis dans cette ville martyrisée sur tous les plans, après avoir été le « royaume des Fellagas » de l’aveu même d’un sinistre chef militaire colonial au plus fort de la guerre de libération nationale. Pendant que le président de la République réalise de nouvelles infrastructures, un défi est engagé pour replacer l’Algérie dans le giron des grandes nations, à l’image de ces stades de conception mondiale et des grands projets d’hôpitaux annoncés.
El Milia, la face cachée du sous-développement
A El Milia, les rares infrastructures existantes sont délabrées. Les routes, les trottoirs, les infrastructures publiques, qu’elles soient culturelles ou sportives, les jardins publics et les espaces verts, les marchés de proximité et bien d’autres structures ne font l’objet d’aucun entretien ni intervention pour les tirer de l’état d’abandon dans lequel ils sont condamnés. Sous prétexte de ces chantiers d’AEP et d’assainissement qui n’en finissent pas de plonger cette ville dans son état de ruine, les responsables locaux semblent s’accommoder avec une situation qui s’aggrave de jour en jour. Pendant ce temps, les orientations du président de la république sont loin de faire l’objet de l’attention voulue eu égard à ce que subissent les citoyens au quotidien. Sur les réseaux sociaux, les cris d’alerte ne cessent d’être lancés par une population en détresse, qui espère un sursaut d’orgueil qui ne se manifeste pas. Les solutions locales ne semblent plus être à l’ordre du jour face à tant de laxisme dans la prise en charge des préoccupations soulevées. Se cachant derrière le prétexte des projets à lancer, les responsables concernés ne semblent nullement pressés d’agir pour entretenir et assainir. Ils font mine de ne rien voir face à tant d’immondices qui souillent la ville. Surtout face à ces odeurs fétides et insupportables émanant des multiples points noirs souillant l’espace urbain. Eu égard à cet état soulevant dégout et réprobation, c’est le défi de l’Algérie nouvelle qui risque de passer outre les objectifs tracés par les hautes autorités du pays. Si elles ne ménagent pas d’efforts pour mettre en œuvre cette Algérie nouvelle, les autorités du pays affichent leur détermination pour permettre au citoyen de jouir d’une vie décente et prospère. Des orientations qui peinent à trouver une oreille attentive dans cette ville, devenue le cauchemar de ses habitants.
‘’ Je reconnais pas ma ville’’
Venu de Blida rendre visite à sa famille dans sa ville natale, El Milia, un citoyen est revenu indigné de ce qu’il a vu. Piqué dans son amour propre, il a posté une vidéo montrant la place des martyrs dans un état lamentable. Dans un coup de gueule, il s’est fondu de ce long commentaire dans lequel il résume ce dont il a été témoin : « Désolé, mes chers amies et amis de vous torturer avec les déboires de notre ville, El Milia, bien sûr, dont les citoyens souffrent le martyr. De passage avant hier, pour un court séjour de 24h, j’ai été très attristé de l’état de dégradation dans lequel j’ai retrouvé ma pauvre ville, une des plus anciennes daïras avec une grande concentration de population et beaucoup de richesses, naturelles et humaines.
Mon Dieu dans quelle misère elle est.
Mon Dieu elle était combattante, cette ville.
Mon Dieu ses citoyens sont innocents.
Pourquoi cette terrible torture-punition ?
J’ai réalisé cette petite vidéo comme échantillon à titre illustratif du calvaire vécu. C’est une vidéo des trottoirs et rues de la place des Martyrs du centre-ville uniquement. Toutes les rues de la ville et ses environs sont dans un état déplorable. Les infrastructures sont hideuses, les constructions en abandon et les programmes de développement retardés. J’ai eu honte que ma ville soit dans cet état. J’ai eu honte de n’avoir pu rien faire. J’ai eu honte que les responsables n’ont rien fait, n’ont voulu rien faire, car les hautes autorités ont tout donné. Depuis mon dernier séjour (décembre dernier), la situation a encore empiré parce que rien n’a été fait. J’ai décidé, avec des amis sincères, d’aller exposer cette situation de honte, à qui de droit ».
Par : Amor Z










