Constantine, la cité millénaire, veut panser ses plaies esthétiques. Dans une démarche visant à stopper net la dégradation visuelle de son paysage urbain, la commune vient de promulguer un arrêté crucial destiné à préserver l’harmonie architecturale de la ville. Cette décision intervient comme un rempart contre les interventions individuelles anarchiques qui menacent l’identité visuelle de la cité, particulièrement son noyau historique.
Ce sursaut administratif n’est pas le fruit du hasard. Il fait suite à une vive polémique qui a enflammé l’opinion publique et les réseaux sociaux la semaine dernière. En cause : le badigeonnage à la peinture blanche des pierres de taille d’un immeuble du centre-ville, un acte qualifié de «crime esthétique» par les habitants et les défenseurs du patrimoine. Face à l’indignation générale, les services communaux avaient dû sommer le locataire indélicat de restituer au mur son aspect originel.
L’arrêté, signé par le président de l’APC, se veut exhaustif. Il impose à l’ensemble des administrations, entreprises publiques et privées, ainsi qu’aux propriétaires de locaux commerciaux et d’habitations, une mise en conformité de leurs façades. Les consignes sont claires : les couleurs doivent être unifiées et harmonieuses, avec une obligation absolue de respecter les teintes originelles des édifices situés dans le secteur sauvegardé, les grandes artères et les entrées de ville.
Au-delà de l’aspect chromatique, le texte insiste sur la sécurité. Tout chantier de ravalement ne doit en aucun cas entraver la fluidité du trafic automobile ni mettre en péril la sécurité des piétons. Le respect des normes d’hygiène et de sécurité publique est érigé en priorité absolue.
Le ton de la municipalité est ferme : toute modification de façade sans autorisation préalable constitue une infraction caractérisée, régie par la loi 04-05 relative à l’aménagement et l’urbanisme. Le maire a d’ailleurs précisé que cet arrêté de mise en esthétique ne vaut en aucun cas régularisation juridique de l’immeuble ou du foncier. Des agents assermentés ont été chargés de veiller au grain et de constater tout manquement à cette nouvelle donne.
Mais derrière cette rigueur réglementaire se cache une ambition plus vaste. Constantine est engagée dans une compétition nationale pour le titre de la «commune la plus propre» d’Algérie. Ayant franchi avec succès les premières étapes des qualifications, la ville des Ponts compte sur cette reprise en main de son paysage urbain pour décrocher le sacre final et redonner à la ville son lustre d’antan.
Par : Amina A.









