Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a prononcé, hier, à l’ouverture des travaux de la conférence internationale sur les crimes du colonialisme en Afrique, qui se tient au Centre international des conférences Abdelatif-Rahal, à Alger, un discours dans lequel il a énuméré les trois «exigences» africaines par rapport au colonialisme.
Il est ainsi question de l’exigence de reconnaissance des crimes commis, de la criminalisation du colonialisme ainsi que de l’indemnisation et de la restitution des biens spoliés.
« L’Afrique est en droit d’exiger la reconnaissance officielle et explicite des crimes commis contre ses peuples durant la période coloniale, première étape indispensable pour ouvrir la voie au traitement des séquelles de cette époque dont les pays et peuples africains continuent de payer le lourd tribut en termes d’exclusion, de marginalisation et de retard», a-t-il déclaré en premier lieu.
Deuxièmement, «l’Afrique est également en droit d’exiger la criminalisation du colonialisme, par un cadre juridique international clair et sans ambiguïté», a-t-il ajouté, soulignant que «de la même manière que la communauté internationale a criminalisé l’esclavage, les pratiques assimilées à l’esclavage, ainsi que l’apartheid, il est désormais temps de criminaliser le colonialisme lui-même, au lieu de se limiter à condamner certaines de ses pratiques ou conséquences ».
Et en troisième lieu, a affirmé Ahmed Attaf,« l’Afrique est en droit de réclamer une indemnisation juste et la restitution des biens spoliés, car la justice ne se réalise pas par des discours creux, des promesses vaines ou de bons sentiments», ajoutant que « l’indemnisation n’est ni un don ni une faveur, mais un droit légitime garanti par toutes les lois et coutumes internationales ».
Le chef de la diplomatie algérienne a estimé que lecontinent africain « est désormais convaincu que traiter les séquelles du colonialisme est devenu une nécessité incontournable pour poursuivre, avec détermination et constance, la construction de l’avenir auquel aspirent les filles et les fils de l’Afrique, dans la dignité, la fierté, la justice et l’équité ».
« Le colonialisme n’a jamais été une mission –civilisatrice–»
«En lançant ce projet d’instauration d’une justice historique, l’Afrique affirme que sa marche militante se poursuivra tant que les crimes du colonialisme n’auront pas fait l’objet d’une reconnaissance explicite et responsable », a-t-il indiqué, soulignant que le colonialisme « n’a jamais été une mission –civilisatrice–» puisque « dans son essence et dans son accomplissement, il n’a été que spoliation, pillage et prédation ».
A ce titre, le ministre des Affaires étrangères a mis l’accent sur le colonialisme français en Algérie qui « n’était pas un colonialisme d’exploitation au sens classique du terme, mais bel et bien un colonialisme de peuplement, au sens le plus complet du mot ».
Ainsi, a-t-il poursuivi, « forte de sa douloureuse expérience, l’Algérie adhère pleinement aux objectifs essentiels définis par l’Union africaine pour cette initiative d’instauration d’une justice historique ».
Pour finir, Ahmed Attaf a estimé qu’il les uns et les autres ne devraient pas « perdre de vue la nécessité de parachever l’élimination du colonialisme lui-même, de manière définitive, en soutenant les frères de la dernière colonie en Afrique, le Sahara Occidental, par la solidarité et l’appui, alors qu’ils s’attachent à faire valoir leur droit légitime et légal à l’autodétermination, tel que confirmé et réaffirmé par la légalité internationale et la doctrine onusienne en matière de décolonisation ».
Il en va de même, a-t-il ajouté, pour les Palestiniens, à Ghaza, en Cisjordanie et à Al-Qods occupée, envers desquels les participants à cette conférence réaffirment « la constance de l’Afrique sur la voie tracée par son leader défunt Nelson Mandela, selon lequel notre liberté en tant que Africains demeure incomplète tant que la Palestine n’est pas libre ».
Par : Elyas Abdelbaki








