Manal Gherbi est une vedette du paysage artistique et médiatique algérien. Elle est chanteuse, musicienne, animatrice télé dans des émissions qui valorisent le patrimoine algérien, et pharmacienne aussi. Cette jeune artiste remplie de grâce et de classe est en train d’inscrire son nom parmi les grands artistes algériens.
Dans cet entretien accordé à Le provincial, Manal Gherbi revient sur le rapport qu’elle entretient avec le patrimoine musical algérien, notamment la musique classique andalouse, et sur l’évolution de sa carrière artistique et professionnelle dans le secteur pharmaceutique.
Le Provincial : Vous êtes chanteuse et musicienne. Le public aime vous voir jouer du piano et chanter en même temps. Vous ne vous séparez jamais de vos instruments. Quel est le secret de ce lien harmonieux ? Est-il important pour un interprète dans le domaine de la musique classique andalouse d’être musicien également ?
Manal Gherbi : Je ne sais pas faire autrement, j’ai commencé la musique à l’âge de trois ans. J’ai appris toute jeune à jouer et chanter en même temps, ce n’est que de cette manière-là que je peux passer de l’autre côté. L’autre côté pour moi c’est l’improvisation. Quand je chante au piano, non pas le « Aoud », que je joue également, je m’évade complètement. Il est très important pour un artiste qui joue d’un instrument de jouer et de chanter en même temps. La musique andalouse est une musique savante, qui se transmet depuis des siècles. Nous devons la jouer pour la protéger et pouvoir la pérenniser. Je n’aime pas chanter en jouant au synthétiseur, car il n’a pas d’âme. Le piano permet une amplitude du son, l’utilisation des pédales et la dynamique des touches qui n’est pas du tout la même … Au théâtre d’Annaba vous avez un piano magnifique !
Quelles sont les valeurs que vous transmettez au jeunes et au public en étant musicienne et interprète de la musique andalouse ?
La musique est un langage universel qui parle au cœur, la musique andalouse est un patrimoine qui doit rester tel quel. Nous devons le garder et ne pas le transformer, notamment les Nouba, shorolletes…etc. Cette musique qui nous est venue du septième siècle doit être conservée. Cela n’empêche pas les jeunes musiciens qui ont une ouverture de faire des essais sans pour autant toucher au patrimoine. Faire de la création à part, mais le patrimoine doit être transmis en parallèle, tel quel, sans dénaturation aucune. Personnellement, je joue d’autres styles musicaux, tel que le Jazz, j’écoute de la musique occidentale et arabe, je compose, j’écris, mais je joue l’andalou d’une façon académique, par respect aux maîtres qui m’ont appris cette musique, à tous les efforts qu’ils ont consentis pour la transmission et la conservation de ce patrimoine depuis des années.
Vous passez actuellement sur la chaîne télé privée Samira Tv dans l’émission phare « Guaadatna djazairia », comment vous arrivez à concilier entre l’animation télé, les rendez-vous artistiques et le fait que vous soyez cadre supérieure dans le domaine de l’industrie pharmaceutique ?
Effectivement j’étais directrice des ressources humaines dans le domaine de l’industrie pharmaceutique durant douze années, mais j’ai quitté il y a quelques mois pour m’installer en ma qualité de pharmacienne d’officine. J’attends l’agrément que j’ai déposé en 2015, ça va se débloquer bientôt. Cette nouvelle reconversion va me permettre de me consacrer à mes passions, notamment la télévision et la musique.
Quels sont vos projets à venir ?
Je travaille sur des projets musicaux. Je suis en train d’écrire en français et des textes en arabe, entre l’andalou et El Mouachahattes ; dès que l’album sera finalisé, je ferai des concerts un peu partout et je viendrai certainement à Annaba. J’ai aussi un rôle dans une série télévisée, le tournage se fera après le mois de Ramadhan. En plus bien sûr de mes émissions télévisées.
Vous avez retrouvé le public annabi le samedi 1er avril dans le cadre du Festival national de la chanson et musique citadines dans sa seizième édition. Qu’est-ce que vous avez ressenti en chantant de nouveau à Annaba ?
Annaba est une ville que j’aime beaucoup, elle me rappelle mon enfance où on se déplaçait avec feu Ammi Smain pour jouer ici dans le cadre du festival de la musique Andalouse. C’est une grande ville qui a donné à l’Algérie de grands artistes, feu Cheikh El Kourd avec son piano, Hassen el Annabi, Hamdi Bennani que j’aime beaucoup et que j’ai connu toute jeune. Je suis venue en 2020, et malgré la neige et le froid, le public était là. Je suis heureuse d’avoir retrouvé le public annabi.
Annaba est une ville de culture qui brille par son savoir et son histoire. J’y reviendrai.
PRP/ Fatima Zohra Bouledroua










