À Annaba, la grogne monte parmi les étudiants qui dénoncent un retard important dans le versement des bourses universitaires des mois d’octobre, novembre et décembre de l’année passée. Plusieurs d’entre eux affirment avoir reçu leurs bourses, tandis que d’autres sont encore en attente, créant un sentiment d’injustice et d’incompréhension.
Pour les étudiants concernés, cette aide financière n’est pas symbolique : elle couvre les dépenses essentielles, notamment le transport, la restauration et les frais quotidiens. Le retard prolongé les place dans une situation difficile, au moment même où les conditions de vie dans certaines résidences se détériorent.
Il est aussi à noter que l’Union Générale Étudiante Libre (UGEL) d’Annaba a adressé le 29 novembre dernier un communiqué urgent au directeur général de l’Office national des services universitaires. Le document alerte sur «des conditions critiques» dans les résidences universitaires d’El Bouni 1 et 2, évoquant l’absence de chauffage en pleine vague de froid, des coupures d’électricité répétées et une gestion jugée chaotique dans certains établissements.
Les témoignages des résidents confirment ces constats. Dans une chambre d’El Bouni, une partie du plafond s’est effondrée, laissant des débris éparpillés sur les vêtements, le sol et les meubles. Une scène qui illustre l’état de dégradation matérielle dans lequel vivent certains étudiants.
Pour les étudiants, ces conditions ajoutent une fatigue supplémentaire. Après de longues journées de cours ou de stages, certains disent retrouver des chambres glaciales ou endommagées, alors même que leurs besoins matériels ne sont pas couverts à temps.
Ainsi, selon le même communiqué, les services de base destinés aux étudiants sont également remis en question. Le communiqué souligne des dysfonctionnements dans l’alimentation, le transport et la gestion des bourses, tout en pointant le fait que les résidences d’Annaba ne publient plus, depuis longtemps, de photos des repas fournis aux étudiants, contrairement à la majorité des résidences universitaires du pays. Selon l’UGEL, cette absence de transparence contredit les instructions de l’Office national des services universitaires.
L’UGEL Annaba appelle les autorités à «une intervention urgente» afin de garantir la sécurité des étudiants, améliorer les services et accélérer le versement des bourses en suspens. Le Syndicat insiste sur le fait que les investissements de l’État dans l’enseignement supérieur doivent se refléter dans la réalité quotidienne des campus.
Par : Ikram Saker







